|
Le parcours d'Abby Lippman n'est pas banal. Après un baccalauréat en
littérature comparée, elle travaille durant une douzaine d'années à
New York, tantôt à la pige, tantôt à temps plein, comme chercheuse,
rédactrice, écrivaine-fantôme.
En 1973, elle déménage à Montréal, où elle change d'orientation et
obtient un doctorat en génétique humaine. Scientifique éclairée et
critique féministe de longue date, elle est maintenant professeure titulaire
au département d'épidémiologie et de biostatistique de
l'Université McGill.
Auteure
de nombreux articles et conférencière recherchée, elle
s'intéresse aux problèmes de "géniticisation" (son propre néologisme), une tendance qui voit dans les
gènes la solution à tous les
problèmes.
Elle suit également de près le développement des nouvelles
technologies de reproduction qui promettent des lendemains très lucratifs
à ceux et celles pour qui "le ventre des femmes" est une
marchandise comme les autres.
Abby Lippman siège au Québec, au canada et aux États-Unis comme
experte sur divers comités en rapport avec la génétique et le
développement des technologies de reproduction et consacre tous ses temps
libres au travail communautaire relié aux problèmes de justice sociale
et de santé des femmes.
Elle est notamment co-présidente du Réseau canadien pour la santé
des femmes, membre du comité aviseur du Conseil pour une génétique responsable (ÉUS) et, jusqu'en avril, de Head and
Hands (À deux mains),
un groupe communautaire montréalais qui travaille avec les jeunes et les
jeunes adultes.
Mère de deux enfants, "devenuEs maintenant des adultes
superbes", Abby Lippman partage sa vie entre l'enseignement, la
recherche universitaire et le militantisme.
"
Je suis sûrement la première féministe anglophone originaire
de Brooklyn qui collabore à l'aut'Journal", conclut-elle en riant
Entrevue par Élaine Audet, l'aut'Journal no. 211 Juillet-août 2002 |