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«Dans
mon enfance, j’ai grandi dans une petite ville traversée par une belle
rivière, la Yamaska. J’ai aussi passé une très grande partie de mes
vacances d’été au bord d’un immense lac, le Memphrémagog. Ce sont deux
grandes beautés de la nature, des sources de vie pour de nombreuses
communautés, plusieurs villages et villes. Elles font partie de ma vie
et ce qui leur arrive me fait immensément mal. Chacune à leur tour,
elles ont été bafouées par l’inconscience, négligées et violentées par
ceux-là mêmes qui s’y sont alimentés depuis des siècles. La Yamaska a
été polluée par les déchets chimiques et animaux et le Memphrémagog est
envahi de déchets domestiques, d’algues bleues et de bactéries diverses.
En contrepartie de notre situation où l’eau est une ressource abondante,
j’ai vécu en Guinée (Conakry) où la rareté de l’eau fait mourir
quotidiennement de nombreux enfants et adultes.
Comment peut-on renverser
cette situation dramatique et suicidaire? Par l’engagement social et le
développement d’une conscience citoyenne agissante, ce qui est le fait
de nombreux groupes et associations qui oeuvrent en ce sens, mais qui
doit aussi caractériser chaque être humain, car nous n’avons plus le
choix. Trop de gens refusent de reconnaître la situation et ne se
sentent pas concernés. Il reste peu de temps pour sauver notre planète
et, à cet égard, l’eau est la ressource de base, la source de vie. L’eau
est une ressource essentielle à la survie de l’humanité, de la nature et
des espèces animales sur l’ensemble de la planète. C’est pourquoi elle
doit être respectée, utilisée à bon escient, protégée en tant que bien
collectif, non privatisable et son exploitation doit échapper aux lois
du marché. Il en va, de la survie des générations présentes et futures
sur toute la planète et ce virage commence, en chacun d’entre nous, chez
soi, aujourd’hui
»
Céline Saint-Pierre
13
avril 2007
Docteure en sociologie de l’Université de
Paris et de l’École des Hautes Études en sciences sociales de Paris,
Céline Saint-Pierre a été professeure de sociologie à l’Université de
Montréal, puis à l’UQÀM. Vice-rectrice à l’enseignement et à la
recherche de l’UQÀM, elle poursuit sa carrière à la présidence du
Conseil supérieur de l’éducation, puis comme directrice du développement
à la Chaire Fernand-Dumont sur la culture à l’Institut National de la
Recherche scientifique.
Une carrière marquée par l’implication
citoyenne: secrétaire générale de l'Association internationale de
sociologie, membre du Conseil du statut de la femme du Québec, membre de
la Commission des États généraux sur l'éducation et membre de l'Académie
des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada,
membre du Conseil d’administration du Collège Frontière dédié à
l’alphabétisation et du Centre de développement de la citoyenneté (CDEC).
Actuellement vice-présidente, Innovation
et transfert du Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO)
elle est aussi membre du CA de l’Institut du Nouveau Monde depuis sa
fondation et coprésidente du Rendez-vous stratégique sur la culture de
l’INM (2007). Ses recherches et ses publications portent sur les
transformations du travail, les changements technologiques et
organisationnels, les classes sociales et les mouvements sociaux, les
politiques et les pratiques en éducation. |