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« L’eau
est un bien de consommation, un milieu de vie, mais aussi un moyen de
production, une infrastructure de transport et une source d’énergie. En tant que
bien public de consommation, c’est la qualité de l’eau qui représente son
attribut essentiel tandis que, en tant que moyen de production et de transport,
c’est surtout la quantité qui prime. Or, même si l’UNESCO évoque une crise aiguë
de l’eau à l’horizon de 2015, aucun gouvernement en Amérique du Nord ne prend ce
cri d’alarme au sérieux. Pire, dans les récentes études consacrées à la
localisation et à l’accessibilité de la centaine de produits de base, sources
énergétiques et minéraux indispensables à la poursuite de l’industrialisation
aux États-Unis, l’eau n’apparaît pas. Ces études font comme si les vastes
quantités d’eau nécessaires à la transformation des matières premières et à leur
acheminement pouvaient être ignorées, ou comme si l’accès à l’eau potable et la
protection des milieux naturels allaient de soi. Il n’en est rien : l’eau sera
sans conteste le plus grand enjeu de demain. Dans ces circonstances, les
batailles de l’eau et les batailles pour l’eau sont urgentes et déterminantes
pour notre propre survie. »
Dorval Brunelle
22 décembre 2006
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Dorval Brunelle est professeur au département de sociologie de l’Université du
Québec à Montréal et, de 2004 à septembre 2008, directeur de l’Observatoire des Amériques,
rattaché au Centre Études internationales et Mondialisation de la même
université. Ses champs de spécialisation sont l’économie politique et
l’intégration à grande échelle dans les Amériques. Ses travaux ont porté sur le
Québec, (La Désillusion tranquille, 1978) et l’Amérique du Nord (Le
libre-échange par défaut, avec C. Deblock, en 1989). Plus récemment, il a
publié Droit et exclusion : critique de l’ordre libéral (1997) et
Dérive globale (2003). Ce dernier ouvrage sera publié par University of
British Columbia Press, en mars 2007, sous le titre : From World Order to
Global Disorder : States, Markets, and Dissent. Il a également co-dirigé la
publication de L’ALENA : le libre-échange en défaut, en 2004, et dirigé
celle de Main basse sur l’État : les partenariats public-privé au Québec et
en Amérique du Nord, en 2005. |
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