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il établit que plusieurs de ceux-ci ne respectent pas plusieurs
des normes québécoises et canadiennes, même si le dépassement des normes
constitue un risque significatif pour la santé, représentant même un
potentiel cancérigène, comme c’est le cas pour les trihalométhanes et les
nitrates. Les petites municipalités ignorent fréquemment
que leur eau dépasse les limites de certains paramètres et elles ne considèrent
alors évidemment pas la nécessité d’apporter des améliorations. C’est
ainsi que l’on retrouve encore des municipalités qui ne traitent aucunement
l’eau, même si cette eau de surface provient de lacs et de rivières.
D’autres ne chlorent pas alors que d’autres, au contraire, injectent des
quantités trop importantes de chlore, etc.
Malgré les
77 critères prévus par le règlement sur la qualité des eaux potables,
certaines municipalités rurales distribuent de l'eau contaminée en nitrates en
provenance de l’agriculture. De plus les 700 000 puits artésiens et de
surface, dont les propriétaires ne sont pas obligés de faire tester,
produisent une quantité de problèmes de santé qui à ce jour n'ont pas été
documenté exhaustivement. Dans la région Chaudière/Appalaches, lors d'une
étude du Département de Santé publique, 40 % des puits testés étaient
contaminés par des nitrites et des nitrates substances considérés
cancérigènes. À ces problèmes de qualité bactériologique ou
physico-chimique s’ajoute le problème du contrôle de la qualité des eaux,
c'est-à-dire la fréquence de la prise des échantillons, des délais entre la
prise des échantillons, l'avis aux citoyens etc..
Le
coût de l’eau potable
Le coût de l’eau varie d’une
municipalité à l’autre. Il dépend d’abord de la qualité de la source d’approvisionnement,
des investissements effectués pour la construction du système de traitement et
des conduites d’aqueduc, des coûts d’opération et d’entretien. Le coût
varie également selon les pratiques de gestion de la municipalité et des
investissements consentis à la préservation des équipements. Les systèmes de
répartition de la facture varient d'une ville à l'autre. Eau Secours! privilégie
des compteurs d'eau pour les entreprises, une bonification des "En-lieu"
de taxes pour les institutions publiques (hôpitaux, écoles, etc.) et la
répartition des coûts de l'eau des ménages dans la taxe foncière.
Un
bilan annuel de l'eau
Les
municipalités, de façon générale, connaissent peu l’état de leur réseau
d’aqueduc, notamment l’ampleur des fuites, ainsi que la consommation d’eau
faite par les industries, les commerces, les institutions ou les résidents. Une
bonne connaissance du réseau et de la consommation est pourtant nécessaire si
on veut bien gérer les services d’eau.
Il est donc proposé que les municipalités soient tenues de produire
annuellement un bilan de l’eau. Ce document, qui peut être très succinct, présenterait les
informations concernant la quantité d’eau produite et la quantité consommée.
Il identifierait les grands consommateurs, mentionnerait le volume
d’eau perdu par les fuites d’aqueduc.
D’autre part, la réalisation de travaux spécialisés, telle la recherche de
fuites d’aqueduc, pourrait être effectué par une équipe régionale. Une
telle initiative permettrait de mettre en commun l’expertise technique et les
équipements et procurerait une économie pour les municipalités participantes.
Les budgets municipaux devraient d’ailleurs prévoir systématiquement un coût
pour la réalisation de telles recherches de fuites.
On devrait guider les municipalités afin qu’elles produisent des bilans
complets et uniformes, leur permettant à leur tour de mieux connaître l’état
de la situation. Les autorités gouvernementales seront alors en mesure de
produire régulièrement et publiquement un rapport public dressant un portrait
de la gestion de l’eau potable sur tous les aspects mentionnés précédemment.
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