Entrée générale - Accueil - Dossiers thématiques

L'eau potable des aqueducs
État de la situation

La Qualité de l'eau 

Eau du robinet versus eau embouteillée : laquelle est la plus sécuritaire?
Comparaison de la réglementation et des contrôles de qualité

Émission de télévision "Tout simplement Clodine"
Martine Ouellet, vice-présidente de la Coalition Eau Secours! - Réponse à des questions souvent posées

Buvez-vous l'eau du robinet?

Filtres domestiques

Fluoration de l'eau potable

Du plomb dans l'eau

Les citoyens s’interrogent sur la qualité de l’eau qui leur est distribuée par les réseaux d’aqueduc.  Ils peuvent y détecter le goût du chlore ou d’autres substances, voir sa couleur et sa transparence, mais tout cela n’indique pas si elle contient d’autres substances nocives. Ils se fient essentiellement à leur goût personnel. Le goût de l’eau varie aussi selon l’endroit où l’on prend l’échantillon d’eau dans le réseau. Par exemple, l’eau goûte davantage le chlore chez les résidants près des usines de filtration.

Les gens insatisfaits de la qualité de l’eau distribuée par l’aqueduc, ou qui soupçonnent que celle-ci contient des contaminants, optent pour l’achat d’eau embouteillée.  Les québécois achètent plus ou moins 100 millions $ d’eau embouteillée annuellement.   Alors que l’eau distribuée par la ville de Montréal sort ¨gagnante¨ d’une évaluation de la qualité microbiologique de diverses eaux embouteillées faite pour la revue Protégez-Vous, pourquoi les Montréalais achètent-ils de l’eau embouteillée ?  Le font-ils par crainte que l’eau du robinet soit impropre ? La même situation s'avère pour la ville de Québec et bien d'autres villes.

Il importe donc, de plus en plus, que les citoyens connaissent la qualité réelle de l’eau qui leur est distribuée, au domicile, et non seulement à la sortie de l’usine de filtration, puisque la contamination en réseau est possible. Il ne suffit pas d’assurer que l’eau est exempte de coliformes fécaux pour conclure que l’eau est potable. Les citoyens sont en droit d’exiger des renseignements complets. Il faut donc que d’autres substances, plus risquées, soient analysées. Les informations doivent être données pour plusieurs nouveaux paramètres, incluant les métaux et autres produits chimiques. Les résultats doivent être comparés avec les réglementations mondiales les plus sévères. 

C’est alors que les citoyens seront en mesure de décider, de porter un jugement sur l’eau distribuée par la municipalité. Ils pourront alors choisir entre cesser d’acheter de l’eau inutilement, demeurer dans une autre municipalité offrant une eau de meilleure qualité, se doter d’un système individuel de traitement de l’eau, ou exercer des pressions sur la municipalité pour qu’elle améliore la qualité de l’eau distribuée.  

Eau Secours! invite les municipalités à informer les citoyens et citoyennes de la qualité de l'eau acheminé par les aqueducs

 État de la situation
Le Ministère de l'Environnement  a analysé les eaux de plusieurs réseaux d'aqueduc

 il établit que plusieurs de ceux-ci ne respectent pas plusieurs des normes québécoises et canadiennes, même si le dépassement des normes constitue un risque significatif pour la santé, représentant même un potentiel cancérigène, comme c’est le cas pour les trihalométhanes et les nitrates. Les petites municipalités ignorent fréquemment que leur eau dépasse les limites de certains paramètres et elles ne considèrent alors évidemment pas la nécessité d’apporter des améliorations. C’est ainsi que l’on retrouve encore des municipalités qui ne traitent aucunement l’eau, même si cette eau de surface provient de lacs et de rivières. D’autres ne chlorent pas alors que d’autres, au contraire, injectent des quantités trop importantes de chlore, etc.
 

           Malgré les 77 critères prévus par le règlement sur la qualité des eaux potables, certaines municipalités rurales distribuent de l'eau contaminée en nitrates en provenance de l’agriculture. De plus les 700 000 puits artésiens et de surface, dont les propriétaires ne sont pas obligés de faire tester, produisent une quantité de problèmes de santé qui à ce jour n'ont pas été documenté exhaustivement. Dans la région Chaudière/Appalaches, lors d'une étude du Département de Santé publique, 40 % des puits testés étaient contaminés par des nitrites et des nitrates substances considérés cancérigènes. À ces problèmes de qualité bactériologique ou physico-chimique s’ajoute le problème du contrôle de la qualité des eaux, c'est-à-dire la fréquence de la prise des échantillons, des délais entre la prise des échantillons, l'avis aux citoyens etc.. 
 

Le coût de l’eau potable


         Le coût de l’eau varie d’une municipalité à l’autre. Il dépend d’abord de la qualité de la source d’approvisionnement, des investissements effectués pour la construction du système de traitement et des conduites d’aqueduc, des coûts d’opération et d’entretien. Le coût varie également selon les pratiques de gestion de la municipalité et des investissements consentis à la préservation des équipements. Les systèmes de répartition de la facture varient d'une ville à l'autre. Eau Secours! privilégie des compteurs d'eau pour les entreprises, une bonification des "En-lieu" de taxes pour les institutions publiques (hôpitaux, écoles, etc.) et la répartition des coûts de l'eau des ménages dans la taxe foncière.

        Un bilan annuel de l'eau

Les municipalités, de façon générale, connaissent peu l’état de leur réseau d’aqueduc, notamment l’ampleur des fuites, ainsi que la consommation d’eau faite par les industries, les commerces, les institutions ou les résidents. Une bonne connaissance du réseau et de la consommation est pourtant nécessaire si on veut bien gérer les services d’eau.

Il est donc proposé que les municipalités soient tenues de produire annuellement un bilan de l’eau.  Ce document, qui peut être très succinct, présenterait les informations concernant la quantité d’eau produite et la quantité consommée.  Il identifierait les grands consommateurs, mentionnerait le volume d’eau perdu par les fuites d’aqueduc. 

D’autre part, la réalisation de travaux spécialisés, telle la recherche de fuites d’aqueduc, pourrait être effectué par une équipe régionale. Une telle initiative permettrait de mettre en commun l’expertise technique et les équipements et procurerait une économie pour les municipalités participantes. Les budgets municipaux devraient d’ailleurs prévoir systématiquement un coût pour la réalisation de telles recherches de fuites.

On devrait guider les municipalités afin qu’elles produisent des bilans complets et uniformes, leur permettant à leur tour de mieux connaître l’état de la situation. Les autorités gouvernementales seront alors en mesure de produire régulièrement et publiquement un rapport public dressant un portrait de la gestion de l’eau potable sur tous les aspects mentionnés précédemment.  

 

Retour aux Dossiers thématiques