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Un sujet populaire a apporté son lot de scepticisme et de questionnement lors du midi-causerie du 9 octobre à la bibliothèque municipale. Pierre Payment, microbiologiste et sommité dans le domaine hydrique, est venu confirmer la qualité de l'eau du robinet devant une salle comble. Mais attention, il exprime certaines réserves. Tout est une question de filtration et de surveillance. Sur ce pointilleux sujet, Pierre Payment a livré une conférence de vulgarisation scientifique colorée, agrémentée de schémas, chiffres et images ludiques. "Ce que j'essaie de faire aujourd'hui, c'est de prendre les connaissances des chercheurs, de les ramener à un niveau plus facile à comprendre." Après avoir présenté l'historique de l'eau de consommation, l'assistance a eu droit à un cours sur les micro-organismes et les systèmes de filtration adéquats pour venir à bout des agents pathogènes. Son exposé démontre l'efficacité des usines de filtration des grandes villes. Le constat diffère cependant pour les petites villes, villages et puits privés où il y a moins de surveillance et de compétence. Tous les chemins mènent au puits Dans les villes, la qualité de l'eau vient de la qualité du traitement. Une évidence. Selon le microbiologiste, l'eau du robinet au Québec est très bonne. "Lorsqu'elle vient d'un réseau municipal, l'eau est de bonne qualité, affirme M. Payment. Là où j'ai peur, c'est l'eau de puits." Dans les usines de filtration de la ville de Montréal, des centaines d'analyse sont effectuées quotidiennement. Par contre, les propriétaires de puits testent leur eau moins qu'une fois par année. Les risques de contamination sont donc accentués. Mais d'où vient le danger? "L'eau de pluie, la nappe phréatique, l'eau des rivières, c'est la même chose, déclare le conférencier. C'est exactement la même eau qui se déplace différemment. Tout ce qui se retrouve sur le chemin du puits, les fosses sceptiques, les élevages d'animaux, les animaux sauvages, va finir par se retrouver dedans." Scepticisme, quand tu nous tiens Ceci étant dit, pourquoi existe-t-il un doute quant à la consommation de l'eau du robinet même dans les grandes villes? Pour le citoyen, le phénomène grandissant de la vente des eaux embouteillées amène à lui seul la question sur le fait de prendre ou non l'eau du robinet. Pierre Payment confirme que les normes au Canada et aux États-Unis sont strictes comme elles n'ont jamais été. Pourquoi le risque paraît-il élevé? Il associe cette méfiance aux médias qui accentuent un événement, comme celui de Walkerton, en répétant toujours les mêmes informations, parfois erronées et citées hors contexte. Selon l'expert, l'eau contaminée qui a fait des victmes dans la ville ontarienne, est un cas exceptionnel d'erreur humaine. "À force de s'acharner sur l'événement, les médias donnent l'impression que cela est arrivé plusieurs fois." La qualité Le conférencier affirme que l'eau du robinet à Saint-Laurent est bonne pour la consommation. L'eau de l'île de Montréal, sauf quelques arrondissements plus à l'ouest, est distribuée par le même réseau. "À Montréal, l'eau est de très bonne qualité pour une réponse bien simple, ajoute-t-il. On la prend dans le fleuve, à l'endroit où elle est la plus propre." Depuis 1918, la prise d'eau est située au milieu du fleuve, dans les rapides de Lachine et ne rencontre pas la pollution générée par Montréal et les villes de la Rive-Sud. Comme tout bon scientifique, Pierre Payment n'exclut pas totalement les risques puisque rien n'est sans risque. Cependant, ils sont minimes. La source du problème demeure humaine. Il faut sensibiliser la population sur tout ce qui se retrouve dans les toilettes puisque le robinet n'est pas le début du cycle mais bien la fin. "C'est de la naïveté ou de l'inconscience, souligne-t-il pour expliquer l'insouciance des consommateurs. Il faut bien traiter nos eaux usées, si on ne veut pas se retrouver avec des problèmes." En dehors de ces faibles risques, il reste les problèmes de goût et d'odeur qui peuvent différer à l'occasion mais ne sont pas un signe d'impureté. Si cela cause des inconvénients pour certains, les filtres de type Brita sont utiles pour enlever goût et odeur incommodants. Petite histoire d'un expert Intéressé par les sciences depuis son enfance, Pierre Payment a voulu devenir anthropologiste et a finalement découvert la microbiologie. Après un doctorat sur le virus de la rubéole, il a fait des études postdoctorales aux États-Unis sur deux sujets: les virus dans l'eau et les virus dans le sang. @R:"C'était en 1975, on ne connaissait pas le sida et il y avait très peu d'argent pour les maladies transmises par voies sanguines, relate-t-il. J'ai donc commencé à travailler sur les virus dans l'eau et depuis ce temps, j'ai élargi mon expertise sur les maladies transmises par les voies hydriques, les effets sur la santé et suis devenu avec les années spécialiste du domaine." Adaptant son sujet pour un public de quartiers jusqu'à des congrès internationaux, il offre en moyenne une quinzaine de conférences par année. Pour ce qui est de l'avenir, Pierre Payment estime que le plus grand risque est de manquer d'eau. "Avec les changements climatiques, ce qu'on ne sait pas, est-ce qu'on va en avoir trop ou pas assez? [...] Mais, lorsqu'on en a, il y a toujours moyen de la rendre potable par toutes sortes de moyens", conclut-il sur une note plus rassurante. Selon l'expert, l'eau contaminée qui a fait des victmes dans la ville ontarienne, est un cas exceptionnel d'erreur humaine. "À force de s'acharner sur l'événement, les médias donnent l'impression que cela est arrivé plusieurs fois." La qualité Le conférencier affirme que l'eau du robinet à Saint-Laurent est bonne pour la consommation. L'eau de l'île de Montréal, sauf quelques arrondissements plus à l'ouest, est distribuée par le même réseau. "À Montréal, l'eau est de très bonne qualité pour une réponse bien simple, ajoute-t-il. On la prend dans le fleuve, à l'endroit où elle est la plus propre." Depuis 1918, la prise d'eau est située au milieu du fleuve, dans les rapides de Lachine et ne rencontre pas la pollution générée par Montréal et les villes de la Rive-Sud. Comme tout bon scientifique, Pierre Payment n'exclut pas totalement les risques puisque rien n'est sans risque. Cependant, ils sont minimes. La source du problème demeure humaine. Il faut sensibiliser la population sur tout ce qui se retrouve dans les toilettes puisque le robinet n'est pas le début du cycle mais bien la fin. "C'est de la naïveté ou de l'inconscience, souligne-t-il pour expliquer l'insouciance des consommateurs. Il faut bien traiter nos eaux usées, si on ne veut pas se retrouver avec des problèmes." En dehors de ces faibles risques, il reste les problèmes de goût et d'odeur qui peuvent différer à l'occasion mais ne sont pas un signe d'impureté. Si cela cause des inconvénients pour certains, les filtres de type Brita sont utiles pour enlever goût et odeur incommodants. Petite histoire d'un expert Intéressé par les sciences depuis son enfance, Pierre Payment a voulu devenir anthropologiste et a finalement découvert la microbiologie. Après un doctorat sur le virus de la rubéole, il a fait des études postdoctorales aux États-Unis sur deux sujets: les virus dans l'eau et les virus dans le sang. @R:"C'était en 1975, on ne connaissait pas le sida et il y avait très peu d'argent pour les maladies transmises par voies sanguines, relate-t-il. J'ai donc commencé à travailler sur les virus dans l'eau et depuis ce temps, j'ai élargi mon expertise sur les maladies transmises par les voies hydriques, les effets sur la santé et suis devenu avec les années spécialiste du domaine." Adaptant son sujet pour un public de quartiers jusqu'à des congrès internationaux, il offre en moyenne une quinzaine de conférences par année. Pour ce qui est de l'avenir, Pierre Payment estime que le plus grand risque est de manquer d'eau. "Avec les changements climatiques, ce qu'on ne sait pas, est-ce qu'on va en avoir trop ou pas assez? [...] Mais, lorsqu'on en a, il y a toujours moyen de la rendre potable par toutes sortes de moyens", conclut-il sur une note plus rassurante. COMPARAISONS Bactéries dans les liquides - Eau du robinet = < 100 bactéries/ml - Verre de lait = 100 000 bactéries/ml Coût de l'eau - Du robinet = 0.50$/1 000 litres - Embouteillée = 5$/1 000 litres Illustration du journal : L'expert Pierre Payment assure que l'eau du robinet est bonne. (Photo: Jacques Pharand) Extrait de Les Nouvelles Saint-Laurent/Post Mont-Royal 6 novembre 2005, p. 22 Louise Brassard |
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