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La motomarine

Un loisir motorisé alliant pollution extrême,
vacarme intolérable, et inutilité complète


«L'art de joindre l'inutile au désagréable»

Une conception technique poussant vers la folie

Les motomarines sont des engins aquatiques propulsés par une turbine, c'est-à-dire que l'hélice propulsant l'embarcation est encastrée à l'intérieur de la coque. La plupart de leur fabricants sont aussi des manufacturiers de motoneiges et de véhicules tout-terrain (VTT).


Cette configuration de cette embarcation sans hélice apparente rend les motomarines fondamentalement très différentes des autres embarcations à moteur. En effet, les motomarines, ou Jet Skis, sont capables de «prouesses» tels que des virages brusques, sauts de vagues, etc. Ces «acrobaties» souvent «aériennes» ont pour résultat de faire sortir la turbine hors de l'eau , et en conséquence, de faire beaucoup de bruit, car en principe, l'eau sert de silencieux à ces engins lorsqu'ils sont en position dite «normale».
 

Puissance et vitesse à la hausse

Mais même utilisées de manière «plus civilisée», les motomarines constituent quand même une nuisance publique ayant des impacts sans précédents en terme de bruit, de pollution marine, d'agression sur la faune, et surtout, en ce qui concerne la sécurité nautique.  Ces engins sont capables de dépasser facilement les 100 Km/h, car ils sont équipés de puissants moteurs deux temps dont la puissance atteint toujours de nouveaux sommets à chaque année-modèle, c'est-à-dire une puissance dépassant les 155 chevaux, dans le cas d'un modèle de la marque Yamaha.


Une telle puissance est supérieure à celle des moteurs de la majorité des automobiles utilitaires. Cette augmentation de la puissance se combine avec l'augmentation sans cesse croissante du nombre de motomarines en circulation, si bien que les très timides gains technologiques des moteurs deux temps, de même que les campagnes de sensibilisation pour promouvoir un usage plus sécuritaire de la motomarine, sont plus souvent qu'autrement annulés et sans effet.


La vente de motomarines est un secteur en plein développement, bien qu'il y ait eu un ralentissement ces dernières années, attribuable aux accidents et aux plaintes des riverains concernant le bruit, la pollution de l'air et de l'eau. Au Québec, il y a maintenant plus de 20 000 de ces engins, au Canada, plus de 70 000. Aux États-Unis, les ventes sont de 200 000 unités par année.


Comme 100% des motomarines sont équipées d'un moteur deux temps, qui recrache, selon Environnement Canada, jusqu'à 4 litres d'essence imbrûlée pour chaque heure d'utilisation, on peut aisément souscrire aux affirmations de l'éminent Docteur Russel Long, de l'organisme californien Bluewater Network, qui affirme que les rejets des moteurs deux temps sont la plus importante source de pollution aquatique en Amérique.


La pollution par le bruit


Mais c'est sans compter le vacarme épouvantable de ces engins. Les motomarines produisent un bruit sur une échelle de 85-105 décibels(dB) par unité, un niveau sonore pour lequel «l'American Hospital Association» recommande un dispositif de protection auditif (pour un bruit au-dessus de 85dB). Par comparaison, une route très achalandée en ville produit environ 85 dB. Mais l'intensité sonore n'est qu'un aspect du stress auditif que nous font subir les motomarines; le pire étant les variations sonores incessantes et irrégulières, résultant tantôt de l'entrée, puis de la sortie de la turbine dans l'eau, suite aux sauts des vagues pour lesquels ces engins semblent avoir été conçus.


Mais les humains ne sont pas les seuls victimes des agressions sonores et des menaces à    l'intégrité physique que représentent les motomarines. Certains animaux «dits sauvages alors qu'ils le sont moins que certains motomarinistes», en sont aussi victimes. Les oiseaux aquatiques sont les premiers concernés. Le chant du huard est des plus mélodieux, et n'a d'égal que la splendeur de ce canard aux formes élancées, et dont le flamboyant plumage se caractérise par la présence d'un «collier blanc» dans son long coup. Des huards font halte ou habitent le Lac Bowker, et il est possible de les entendre et de les admirer quand le lac est CALME ET SEREIN.
 

Or selon Judy McIntyre, chercheuse et directrice de l'organisme the North American Loon Fund, les motomarines sont couramment la plus importante menace pour les huards, plus particulièrement en ce qui concerne leur progéniture. Selon Joanna Burger, auteure de l'étude «Rutgers University PWC study», on a observé que la conception technique des motomarines leur permet de «planer» près des rivages, où il y a des sites de nidifications.

Une incroyable pollution aquatique

Toutes les motomarines fonctionnent avec un moteur à deux temps. Comme vous avez été en mesure de le constater dans notre page réservée à cette effet, ces moteurs s'abreuvent d'un mélange d'essence et d'huile dont le tiers en moyenne est imbrûlé et rejeté directement dans l'eau. Les résultats de recherche de la California Air Resources Board (CARB), la branche californienne de l'EPA, démontrent à quel point cet engin est des plus polluants: une randonnée typique de deux heures en motomarine munie d'un moteur de 100 chevaux, produit la même quantité de pollution qu'une automobile 1998 parcourant 139 000 milles, soit 223 698,82 kilomètres!!!!!


La sécurité nautique en péril


Les accidents attribuables à l'usage de la motomarine sont disproportionnés, de par leur nombre et leur gravité, par rapport au nombre d'unités en circulation et en comparaison aux autres types d'embarcation. Un article dans le journal «American Medical Association (JAMA)», rapporte que pendant que le nombre de ces engins a triplé pendant la première moitié des années 90, le nombre d'accidents et de blessures résultant de leur usage a quant à lui quadruplé. Les taux de blessures en motomarine sont de 8,5 fois plus élevés par rapport aux embarcations à moteur conventionnelles. Mais en réalité, les accidents seraient beaucoup plus nombreux, car ils ne sont pas toujours rapportés aux autorités. À ce sujet, on estime qu'aux États-Unis, il faudrait multiplier par quatre les statistiques de la Garde Côtière américaine: 12 000 accidents par année, ce serait beaucoup plus réaliste.
 

Ces accidents sont en grande partie attribuables, encore une fois, à la conception technique des motomarines. C'est effectivement la propulsion par jet de la turbine qui «dirige» l'embarcation, et lors d'une situation d'urgence, les motomarinistes ont le réflexe de couper les gaz de l'accélérateur, ce qui a pour effet de rendre cette embarcation incontrôlable. Avec la conduite agressive et la vitesse excessive nécessairement associée à la conduite des motomarines, les conducteurs de ces engins n'ont souvent pas le temps de réagir ou d'éviter de couper les gaz pour réussir à tourner rapidement, ce qui a pour effet de rendre la motomarine l'engin aquatique le plus dangereux. L'accident du Canal de Chambly au Québec, à l'été de 1997, où un grand-père et ses petits-enfants se sont fait «faucher» par une motomarine, en est l'exemple éloquent.


Cet accident a eu pour effet «d'éveiller»  l'opinion publique........ Suffisamment pour que le  gouvernement du Québec lance une consultation, par la formation du comité Boucher, dont l'aboutissement est «Le rapport Boucher», du nom du président du comité, le député Claude Boucher de la circonscription de Jonhson en Estrie. Il est possible de retrouver ce document  en cliquant ici
 Rapport Boucher
 

L'objectif de l'Association des propriétaires riverains du Lac Bowker est de faire interdire les embarcations à moteur à essence sur ce lac. Cette mesure est la seule, du point de vue législatif, permettant de «régler définitivement» les multiples problèmes de pollution sonore, de l'air et de l'eau, ainsi que l'insécurité nautique, associée à l'usage des motomarines.
 

l'Association des propriétaires riverains du Lac Bowker

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