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Les
responsables de Saint-Laurent Vision 2 000, voulant stigmatiser la
situation de notre grande voie d'eau, ont utilisé l'image d'un patient
dont l'état était désormais
stabilisé. Ce qui laisse sous-entendre que toutes les précautions et un
régime de soins rigoureux sont de mise pour qu’il recouvre
complètement la santé.
On
ne saurait en effet oublier que 80% de la population du Québec vit sur
ses rives, ni oublier que cette voie de navigation et d’activités
récréotouristiques a des retombées économiques majeures. En outre, le
Saint Laurent est le véritable cœur du Québec et constitue la source
majeure d’eau potable de près de 60%* de la population.
Malheureusement,
les agressions continuent: la pollution d'origine agricole a fait l'objet
de maintes présentations devant cette commission; il en a été de même
de la pollution d'origine urbaine, notamment des effluents toxiques en
provenance de nos usines d'épuration que nous avons construites au coût
de plusieurs milliards de dollars. Mais ces agressions viennent aussi de
là où on les attendait le moins. C'est ainsi que la revue Québec
Science de novembre 1999 nous apprend que «le plus gros pollueur dans la
catégorie rejets toxiques ou cancérigènes est installé au Québec: il
s'agit d'Abitibi Consolidated à La Baie, au Saguenay, pour ses rejets de
formaldéhyde». Cet exemple n'est pas invoqué pour minimiser les
progrès qui ont été réalisés dans l'industrie des pâtes et papiers
mais bien pour souligner qu'il faut non seulement rester vigilants mais
aussi rehausser certaines normes.
Dans
les milieux "spécialisés", on fait valoir que les 106 grandes
industries les plus polluantes ayant réduit leurs rejets de façon
drastique, il ne serait pas nécessaire d'élargir le PRRI (Programme de
Réduction des Rejets Industriels) aux autres secteurs industriels pour
lesquels il était prévu. L'argument veut que ceux qui restent à
convaincre de réduire leurs rejets sont des petites et moyennes
entreprises et, qu'auprès d'elles un travail de persuasion donnera de
meilleurs résultats que l'imposition de contraintes. Il n'y a aucun doute
qu'un travail d'éducation et de sensibilisation auprès des PME est
souhaitable, mais nous savons maintenant que ces dernières ont envoyé
paître le gouvernement. Donc l''élargissement du programme PRRI est
incontournable.
Les
menaces globales
Environnement
Canada a largement documenté les effets du réchauffement climatique
prévisible dans le cas d'un scénario 2Xco2 à l'horizon 2050. Nous
savons que les conséquences d'un tel phénomène appréhendé sont
proprement effarantes: diminution du débit du fleuve de 40% à Montréal
et baisse du niveau de plus de 1 mètre!
Cela
affecterait non seulement le transport maritime entre Trois-Rivières et
Montréal ainsi que les activités portuaires de Montréal, notamment,
mais cela aurait pour effet de faire remonter les eaux salées du
Saint-Laurent jusqu’à hauteur de Québec, compromettant ainsi l’approvisionnement
en eau douce de villes comme Ste-Foy .
Or,
ces effets dramatiques, que nous avons déjà pu commencé à observer au
cours des dernières années, risquent d’être amplifiés par d’éventuels
projets d’exportation d’eau et de déviation de cours d’eau
affectant le volume des Grands Lac qui nourrit le Saint-Laurent. Cela
pourrait également avoir pour effet de réorienter une partie des eaux de
la Rivière des Outaouais vers le lac Saint-Louis, réduisant d’autant l’eau
de la Rivière des Prairies et des Mille-Îles avec des problèmes
significatifs pour Ville Laval, notamment.
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Que sont les Grands
Lacs?
Les Grands Lacs sont composés des lacs Supérieur, Michigan,
Huron, Érié et Ontario. D'un bout à l'autre, le bassin s'étend sur
1200 km. Ces cinq lacs d'eau douce sont très importants puisqu'ils
renferment 20 % des réserves mondiales d'eau douce de surface |
Quelque
déstabilisatrices que soient ces prévisions elles ne semblent émouvoir
ni les autorités de la Ville de Montréal, ni d'ailleurs, les dirigeants
du Port de Montréal, non plus que ceux du gouvernement provincial qui ont
tous brillé par leur absence lors des deux séances qu'a tenues la CMI à
Montréal cette année, sur les impacts de projets d’exportation et de
déviation sur les bassins transfrontaliers des Grands Lacs et ses impacts
sur le Saint-Laurent.
Nous comprenons que les fonctionnaires du Québec ont reçu des ordres
formels de ne pas se présenter aux audiences de la CMI. Nous comprenons
également que le BAPE, lui-même avisé, nous a-t-on dit, plusieurs mois
avant la tenue des audiences de la CMI à Montréal, a préféré tenir,
le même soir, des audiences sur les questions internationales ! Bref,
lors des deux séances tenues à Montréal par la CMI, aucun dirigeant du
gouvernement du Québec, ni du Port de Montréal n'a daigné se présenter
et intervenir. Quant à la ville de Montréal, seul un membre du comité
exécutif, s'est montré le bout du nez à la première audience sans
prendre la parole et pour quitter la salle peu de temps après le début
de la soirée!
Activités
portuaires et maritimes compromises
Au
Port de Montréal, on parle la langue de bois et on s'en tient à la
thèse des variations cycliques des niveaux d'eau selon une périodicité
de 30 ans; pourtant, à la question de savoir s'il s'opposait au cabotage,
M. Michel Turgeon, responsable des communications au Port de Montréal,
répondait , dans le cadre du forum: Pour une Économie Bleue,
qu'il ne s'y opposait pas. Cela pourrait vouloir dire que sous la carapace
d'indifférence se profile une certaine inquiétude.
Les
conséquences sur le Port de Montréal d'une baisse significative des
niveaux d'eau seraient en effet catastrophiques avec des impacts en
cascades sur l'activité économique à la Ville de Montréal.
Dans
certains milieux américains près de la CMI, on fait valoir que ce n'est
pas là un problème puisque la solution est déjà connue: construire un
barrage à la sortie du Lac Saint Pierre! Si grotesque que cette solution
puisse paraître, elle a au moins le mérite de nous faire comprendre que
nous aurons peut-être à faire face à une autre projet de canalisation
du Saint-Laurent, cette fois entre Montréal et Trois Rivières avec son
cortège de bouleversements d'écosystèmes.
D'autres
avancent la solution d'un remblaiement de la "tranchée" du Lac
Saint Pierre avec la mise au point d'un système de transport intermodal
utilisant, qui le cabotage, qui le rail à partir de Québec. Le fait est
qu'au moins une étude a déjà été entreprise en 1994 (et qui est
reliée de près à cette problématique) par le Centre de formation et
de recherche en transport maritime et intermodal du Québec et qui a
formulé des recommandations eu égard à l'utilisation de stratégies
intermodales (bateau - rail) de façon à réduire la pression sur les
routes 132 et 138 (cette dernière comporte un important goulot
d'étranglement à Tadoussac - Baie Sainte Catherine).
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Projet
de dragage et d'élargissement
de la Voie Maritime du Saint-Laurent |
Le
gouvernement États-Uniens et le gouvernement Canadien ont proposé une de
réaliser une étude de faisabilité quant à permettre l'accès à des
navires de dimension Panamax (1000x105x35 pieds), dans la Voie maritime du
Saint-Laurent. Dans cet optique, des canaux, le fleuve St-Laurent, et des
douzaines de ports devraient être creusés d’au moins 9.5 pieds.
Lorsque le fond est meuble, les canaux de navigation incluant le
St-Laurent, les rivières Détroit, St-Clair et Ste-Marie devraient être
élargis en certains endroits de 60 pieds pour stabiliser une tranchée
plus profonde. Selon deux
pilotes d'expérience du fleuve St-Laurent, pour qu'un vaisseau de 1000
pieds passe sans encombre le fleuve, il faudrait faire disparaître les îles
qui bordent le chenal. Comme le disait le Corps des Ingénieurs (USA) dans
la conclusion de son rapport, “draguer
pour permettre un tirant d'eau de 35 pieds va générer des centaines de
millions de verges cubes de matériaux qu'il faudra entreposer quelque
part.” La
dimension de ce problème est incommensurable, particulièrement à cause
de la contamination par les BPC, le mercure, et autres métaux que présentent
ces sédiments.
Le
dragage lui-même aura des effets négatifs à court et à long terme. À
court terme, le dragage de centaines de millions de verges cubes de sédiments
provenant du fond implique la destruction de l'habitat d'espèces de
poissons importantes et la remise en suspension dans l'eau de sédiments
contaminés. À long terme, les chenaux que l'on aura approfondis devront
être entretenus régulièrement, diminuant les chances de régénération
de l'habitat des poissons et remettant à chaque fois en suspension les sédiments
contaminés. La circulation de vaisseaux de plus fort tonnage augmentera
par leur sillage l'érosion des rives, augmentant la turbidité de l'eau
et empêchant la pénétration du soleil, et portera atteinte aux lieux
humides.
Des
chenaux plus profonds et plus larges vont modifier le système
hydrologique en augmentant le débit des canaux de raccord, ce qui aura
pour effet de causer des modifications majeures du niveau des Lacs sur
toute la longueur de la voie. Le niveau des Grands-Lacs en amont des
chenaux dans les rivières sera abaissé. (Les lacs Michigan et Huron ont
vu leur niveau s'abaisser en moyenne d'un pied à la suite d'opérations
d'aménagement précédentes).
Avec
l'augmentation du débit des eaux dans le système, les zones en aval
risquent de voir leurs lieux humides inondés ainsi que les rives basses.
Pour éviter l'inondation, des installations devront être érigées pour
compenser et retenir les eaux. Le contrôle du niveau des eaux par des
ouvrages et des barrages perturbe les variations naturelles de la température
de l'eau et les concentrations
d'oxygène dissous, deux facteurs des plus importants dans les conditions
de vie des poissons.
Si nous avons
retenu quelque chose des quarante dernières années, c'est bien que le
débit et le niveau des Grands-Lacs soient importants mais aussi très
fragiles. Leur manipulation artificielle peut s'avérer
catastrophique pour l'environnement. Depuis l'ouverture de la Voie
maritime du St-Laurent, le fait de contrôler le niveau du lac Ontario et
du St-Laurent ont réduit les fluctuations annuelles de 40% en moyenne au
printemps et de 60% l'automne et au début de l'hiver. Le manque de
fluctuations l'automne a rendu possible la croissance des plantes
aquatiques envahissantes au détriment d'espèces plus dynamiques et variées
dans les lieux humides. Comme plusieurs espèces de poissons indigènes
comme le brochet fraient dans les zones inondables, l'élimination de ces
lieux a certainement contribué au déclin des populations de brochets de
ces régions. Un accroissement du système de navigation ne fera
qu'augmenter les problèmes liés aux manipulations artificielles du
niveau des eaux.
Le
Projet prend pour acquis qu'un système de navigation sans contraintes
verra augmenter la durée de la saison de navigation. Des études précédentes
du Corps des ingénieurs, incluant un programme de démonstration des années
1970, apportent des preuves irréfutables des problèmes causés par la
navigation d'hiver, dont l'arrachage de la végétation des rives, des
dommages aux installations portuaires et une réduction des possibilités
d’hydro-électricité. De plus, un accroissement du tonnage des navires
et du trafic maritime augmenterait les probabilités et l'ampleur de déversements
d'hydrocarbures et de produits chimiques. Restaurer des zones contaminées
par des produits pétroliers demeure une opération longue, difficile et
très dispendieuse, comme l'a démontré le déversement d'huile de 1976
dans la région des Mille-îles. Un déversement d'hydrocarbures en hiver
serait un désastre, car il n'existe pas de technologie permettant de
recueillir l'huile sous la glace.
Le
rapport préliminaire ne comptabilise pas non plus les coûts écologiques,
sociaux et économiques encourus à cause de l'introduction d'espèce étrangères
envahissantes dans l'écosystèmes Grands-Lacs/Saint-Laurent, et des
dommages causés aux pêcheries commerciales et sportives, une industrie
de 4 milliards de dollars. Dans les années 1950, lors de la construction
de la Voie maritime, personne n'a su prévoir l'impact désastreux que
l'introduction d'espèces exotiques aurait sur les espèces de poissons
indigènes aux Grands-Lacs ainsi que sur la chaîne alimentaire. Avec
l'accroissement du trafic, causé en bonne partie par des navires étrangers,
les Grands-Lacs seront envahis par des espèces exotiques provenant
du monde entier.
On
a dénombré 162 espèces étrangères dans le bassin des Grands-Lacs.
Environ 31% d'entre-elles furent introduites par des activités maritimes.
Il est encore plus inquiétant de constater que depuis 1959, les navires
provenant de l'étranger ont permis l'introduction de la majorité de ces
espèces exotiques. Huit des 10 plus importantes invasions depuis le
milieu des années 1980 sont attribuées à des navires étrangers qui
auraient déchargé leur eau de ballast dans le bassin des Grands-Lacs, (Ricciardi
and MacIsaac 2000). Des espèces exotiques ont déjà bouleversé l’écologie
des Grands-Lacs et du fleuve Saint-Laurent, dommages qui ont coûté des
milliards de dollars aux Etats-Unis et au Canada.
Par exemple, seulement pour les Grands-Lacs et le bassin du Mississipi,
l’ensemble des dommages causés par le Moule zébrée vont probablement
atteindre les 5 milliards$ à la fin de la présente année. Selon la
Commission des Pêcheries des Grands-Lacs, les coûts futurs d’un contrôle
de cette seule espèce s’élèveront à au moins 100 millions de dollars
chaque année.
Même
si le rapport préliminaire prévoit que le draguage d’un chenal 35
pieds de profondeur et l’augmentation du trafic maritime vont générer
des bénéfices de 1.4 milliards de dollars, il ne tient pas compte du coût
des dommages causés à une multitude d’autres entreprises comme les
producteurs hydro-électriques, les occupants des rives, les pêcheurs
sportifs et commerciaux, les communautés autosuffisantes ou autochtones
et l’industrie touristique qui dépendent tous d’un écosystème sain,
diversifié et donnant sa pleine mesure.
Le
seul coût mentionné dans le Rapport est celui d’une évaluation prévoyant
un montant de 11 milliards pour remplacer les 15 écluses du le canal
Welland et du fleuve Saint-Laurent. Mais comme c’était le cas pour
d’autres études, lorsque l’on aura fini d’additionner les coûts réels
pour les contribuables et l’environnement, on verra les coûts s’élever
bien au delà de 10 millions. Les dépenses provoquées par les dommages
à l’environnement, le traitement de sédiments contaminés, les pertes
des industries de la pêche et du tourisme, la diminution de la valeur
foncière des propriétés riveraines, et enfin la perte de revenus en
taxation pour les états riverains des Grands-Lacs ; tous ces coûts
devront être ajoutés lors de l’analyse des coûts et bénéfices.
Des
analyses faites par le Corps se sont déjà trompées en prédisant une
augmentation du trafic dans la Voie maritime du Saint-Laurent et la partie
nord des Grands-Lacs. En fait, une augmentation du trafic a déjà été
envisagée et étudié auparavant, et on avait alors conclu que ce
changement serait économiquement injustifiable et inacceptable pour
l’environnement.
Une
autre étude de faisabilité portant sur la création d’un chenal de 35
pieds de profondeur de Montréal à Duluth concluait que ce serait un
gaspillage de fonds, de ressources humaines, et restreindrait le choix de
vocations pour les régions des Grands-Lacs.
Le
présent projet va à l’encontre
des projets et de la planification déjà en cours dans les régions pour
restaurer les Grands-Lacs. Un accroissement du système de navigation
actuel comme le propose le Rapport préliminaire va certainement causer
des dommages irréversibles à
l’écosystème. Nous reconnaissons l’importance du commerce maritime
pour la santé économique de la région des Grands-Lacs. Le Corps des Ingénieurs
devrait plutôt trouver les moyens de rendre plus écologique le système
de transport existant en mettant le doigt sur les points sur lesquels une
amélioration des rapports entre les différents intérêts pourrait se
faire ; et
en considérant le problème de la menace d’invasion par des espèces
étrangères, les changements climatiques, le bas niveau des eaux et
l’impact sur les poissons et l’écosystème marin en général.
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Milieux
humides et pêche
Les
conséquences d'une baisse importante du niveau d'eau dans le
Saint-Laurent à la hauteur de Montréal sont incalculables. Nous
concentrerons ici notre attention sur le Lac Saint-Pierre; en réalité
plaine de débordement ou plaine inondable, le lac Saint Pierre renferme
un nombre impressionnant d'espèces animales et végétales. Or en raison
de sa configuration spécifique, le fleuve s'étant vu doter d'un chenal
profond de 11 mètres et large de 245 mètres, une grande partie du volume
d'eau est pour ainsi dire canalisée dans cette immense tranchée.
Ce qui
ne fera qu'amplifier les effets d'une diminution de niveau d'eau qui
pourrait «réduire non seulement la diversité des habitats aquatiques
accessibles mais aussi le nombre des espèces et l'importance de leur
population respective. Cela pourrait aussi favoriser l'invasion et le
colmatage des milieux humides par des espèces exotiques, comme la
salicaire pourpre et la fragmite.» (Le Devoir, 19 septembre 1999) |
Dans
la mesure où le Lac St-Pierre représente 50% de tous les milieux humides
du Saint-Laurent, sa préservation constitue un impératif. En ce sens, on
ne peut que saluer le travail de bon nombres de citoyens, qui ont pu faire
reconnaître le Lac St-Pierre "Réserve de la biosphère par l’UNESCO".
Toutefois, la promulgation d’une telle réserve de la Biosphère n’est
pas en soi un gage de préservation, comme on l’a vu récemment avec la
Côte des Éboulements (un autre réserve de la biosphère…) Il importe
donc que l’État québécois prenne un engagement ferme de préserver ce
milieu.
D’autant
plus, que s’y déroule toujours l’une des plus importantes pêches
commerciales, avec plus d’une cinquantaine de pêcheurs commerciaux
(barbotte, perchaude, anguille, etc.), pêche compromise par les effets
combinés du dragage de la voie maritime et de la baisse des niveaux d’eau
et également par les effets combinés et les effets de synergie de
nombreux polluants organiques persistants et métaux lourds qui accumulés
dans les sédiments du Saint-Laurent sont davantage soumis aux effets de
brassage avec la baisse du niveau d’eau, sans compter les importants
rejets industriels et ceux des usines d’épuration, comme celle de la
CUM.
Saint
Laurent Vision 2 000, quant à lui, comporte un volet biodiversité dans
le cadre duquel on étudie l'impact des baisses de niveaux d'eau sur les
biotopes. Nos sources nous indiquent que les argents font défaut pour
élaborer un modèle topométrique. Le ministère de l'Environnement du
Québec doit s'assurer que des fonds soient dégagés dans les plus brefs
délais pour la réalisation de ce volet de l'étude susceptible de
constituer un argument de poids pour que la CMI adopte des mesures de
préservation des écosystèmes du Saint-Laurent cohérent avec les
positions écosystémiques qui guident ses travaux dans les Grands Lacs.
La
Charte des Grands Lacs
(La)
Charte des Grands Lacs fut signée en février, 1985 par les huit états
américains riverains, par l’Ontario et le Québec. Les objectifs de la
charte sont les suivants : « Conserver les niveaux et débits des
Grands Lacs et leurs tributaires ainsi que les eaux qui y sont
connectées; protéger et conserver l’équilibre environnemental de l’écosystème
des Grands Lacs; Contribuer aux programmes de coopération entre les
états et les provinces signataires concernant la gestion de la ressource
hydrique du bassin des Grands Lacs; Sécuriser et protéger les acquis
actuels au niveau du développement dans la région; Fournir les
fondations nécessaires aux investissements futurs. » Puis la charte
comporte quatre articles principaux qui constituent la base de l’implication
des parties. Il s’agit d’établir une banque de donnée commune sur l’eau;
de créer un comité de gestion de la ressource hydrique; de développer
un système d’information au préalable et de consultation; de créer un
programme de gestion de l’eau pour l’ensemble du bassin
hydrographique.
Donc
à première vue, cette initiative de nos gouvernements peut sembler
rassurante. Or, il n’en est rien! La banque de données bien qu’ayant
été mise sur pied, ne contient que des données partielles relativement
anciennes (1992) qui sont publiées dans un rapport intitulé « Annual
Report of the Regional Water Use Data Base Repository » De plus, chacun
des états et des provinces est tenu de fournir ses données mais aucun d’entre
eux n’est tenu d’utiliser la même méthode de collecte ou de le faire
en adoptant une loi. Donc la disparité des données et leur qualité rend
la compilation et l’analyse quasi impossible. Deuxièmement, le comité
de gestion ne s’est pas réuni depuis au moins quatre ans maintenant.
Ceci démontre le peu de sérieux et d’intérêt que le comité suscite
auprès des gouvernements signataires de la charte. Troisièmement, le
processus d’information au préalable bien que louable, n’a aucune
assise légale ce qui fait qu’en théorie un état ou une province peut
exporter de l’eau des Grands Lacs même si les signataires de la charte
en sont informés et ne sont pas d’accord.
Finalement,
le développement d’un plan de gestion intégrée de la ressource
hydrique pour l’ensemble du bassin hydrographique est toujours
inexistant. Cette absence de lignes directrices générales qui auraient
été approuvées et mise en place par les états et provinces signataires
est tout simplement inacceptable et dramatique»
Recommandations
d'Eau Secours!
1.
Que le MENV procède à la mise en application du PRRI pour l'ensemble des
secteurs auxquels il était destiné.
2.
Que le MENV travaille à faire appliquer les recommandations de l'étude
de 1994 sur le transport intermodal et de poursuivre ces études dans le
but de développer des scénarios permettant de faire face à un baisse
importante du niveau d'eau dans le fleuve Saint-Laurent entre Montréal et
Trois Rivières
3.
Que le MENV dégage des fonds immédiatement afin de permettre le
développement d'un modèle topométrique dans le cadre de l'étude menée
par Saint Laurent Vision 2 000 à propos de l'effet des baisses de niveaux
d'eau sur les biotopes.
4.
Que les gouvernements signataires de la Charte des Grands Lacs et
particulièrement celui du Québec, s’assurent que la Charte devienne,
le plutôt possible, une convention internationale entre les provinces et
les états riverains et qu’elle soit drastiquement améliorée par :
.
l’ajout de recours légaux des parties et des citoyens concernés en cas
de litige
.
l’ajout des nations autochtones et des deux gouvernements fédéraux
comme signataires de cette charte
.
l’inclusion de mécanismes clairs et accessibles de participation du
public aux décisions concernant l’eau des Grands Lacs et du fleuve
Saint-Laurent
.
l’élaboration d’un plan de gestion intégrée de l’eau pour l’ensemble
du bassin et pour leur propre juridiction.
Finalement Eau Secours! demande au gouvernement du Québec de
s'opposer au dragage et à l'élargissement de la Voie maritime du
Saint-Laurent |