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«Parce
que depuis tant d’années, dans la plus candide insouciance, notre eau,
nous n’avons pas voulu la voir en danger… et nous l’avons gâchée,
salie, souillée, gaspillée, dégradée, infectée, empoisonnée,
contaminée… Nous avons envers elle une conduite imbuvable! On dit
qu’il n’est jamais trop tard pour réagir…j’en garde l’espoir.
Et pour moi, la plus belle image de l’espoir c’est l’arc-en-ciel…
et l’arc-en ciel c’est de l’eau… des milliards de minuscules
gouttes d’eau traversées par le soleil. S’il fallait que nos arrière-petits-enfants
voient un jour l’arc-en-ciel perdre ses couleurs et devenir tout gris…
ce serait vraiment… la fin du monde.»
Marc
Favreau
22 avril 2004
décès le 17 décembre 2005
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Marc
Favreau est né à Montréal en novembre 1929, au début du grand
"krach", il jure toutefois n'y être pour rien. Après
avoir poursuivi d'épuisantes études (considérées comme étant
tellement secondaires qu'il les quitte en 1947), il tâte du dessin
commercial, puis au hasard de rencontres avec Jacques Pelletier et Robert
Prévost, il dérive vers le décor de théâtre, et finalement se
retrouve mordu par le virus de la scène.
Début
des années '50, il fait son apprentissage à Montréal, à l'école du Théâtre
du Nouveau-Monde avec Jean Gascon, Jean Dalmain, Jean-Louis Roux, Georges
Groulx et Guy Hoffman, suivi d'un stage de deux ans à Paris avec Jean
Valcour.
Il
devint comédien en 1953. Cinq ans plus tard, les Québécois découvraient
Sol (dans une... Boîte à surprises), ce personnage attachant qui sut si
bien distraire les enfants 14 ans durant avant de se tourner vers les
adultes. C'était en 1973. Depuis ce temps, on n'a plus jamais cessé de
l'applaudir tant qu Canada qu'en Europe. Retranché derrière sa candeur
et son apparente naïveté, Sol est à la fois clown, thérapeute et
philosophe. Doué d'un sens de l'observation sans pareil et d'une
imagination sans bornes, s'il séduit autant les Québécois que les Européens
c'est que les sujets de ce grand comédien et auteur sont, comme il le
dirait lui-même, universols.
Ses
approximations verbales font le bonheur de tous et prouvent bien qu'on ne
voit jamais tout ce que nous cachent les mots (maux) de notre vie.
Champion de la dislocation, depuis des années Sol traversouille la
francophonie comme un écurieux pour déblatérer ses sornettes de manière
mèrancolique et pèranoïaque , comme un vrai chef d'entrecrise. Ami des
rétracteurs en chef, les pieds dans une paire de scandales, grâce à ses
monologues Sol arrive à nous faire croire qu'en française il n'est peut-être
pas indispensable de toujours avoir le mot juste. Quand on l'écoute
attentivement (et le réécoute sans jamais se lasser), on comprend
toujours un peu plus que l'on aurait compris si l'orthographe du mot avait
été respectée. Et cette grande joie se décuple lorsqu'on a la chance
de la lire, car la finesse de ses observations nous saute alors aux yeux.
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Quelques citations « estradinaires » de Sol et de Favreau
" On a beau avoir fait le sot toute sa
vie, le plus dur c'est le dernier moribond. "
« Si tous les poètes voulaient se
donner la main, ils toucheraient enfin des doigts d'auteur! »
« La vanille appartient à ceux qui se
lèvent tôt; il faudrait écrire ça tous les soirs dans son cornet. » (Le
Devoir, 14 février 1975)
« C'est vermouilleux! »
« J'assomme mes responsabilités. »
« J'aime les rôles de composition
et... de décomposition. J'aime jouer les loques, les farfelus, les
détraqués. J'aime les personnages poussés à l'extrême. » (Le Petit
Journal, 08 novembre 1970)
« Le langage de Sol est enfantin, il
déforme les mots, il prend des mots pour d'autres, il se sert des
contresens. Il n'y a pas de recette, j'y vais à l'instinct quand je fais
travailler ce personnage. Verbalement, c'est une entreprise de
démolition et en même temps de poétisation. Sol fait la chasse à
l'hippodrome, se sert d'un frigiditateur... Rien chez lui n'est
normal. » (Le Devoir, 26 janvier 1973)
« Je dessine avec les mots. »
Les
textes de Sol dont disponibles chez Stanké 1997- Titre: "Presque
tout Sol" 504 p. |
Distinctions Honorifiques
1989 - La médaille de l'Ordre des francophones d'Amérique 1995 - Le titre de Chevalier de l'Ordre National du Québec 1997 - Grade de Chevalier de l'Ordre de la Pléiade (Décerné par
l'Assemblée internationale des Parlementaires de langue française) 1998- Le prix Homme de "Rideau", (Réseau indépendant des
Diffuseurs d'Événements Artistiques Unis) pour l'ensemble de son oeuvre 1999 - Le Prix Georges-Émile-Lapalme (Les Prix du Québec) pour une
qualité de la langue française qui a séduit des générations de jeunes
et d'adultes par sa façon de jongler avec les mots) 2000 - Au printemps 2000, on lui décerne en Europe, le prix de la
Francophonie remis par la Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques
(SACD). 2002 - Il reçoit le Mérite d'Honneur du Français en éducation (Conseil
Pédagogique Interdisciplinaire du Québec) 2003 - Officier de l'Ordre du Canada
Comme Comédien et
auteur:
En 1971, il écrit pour
la Nouvelle Compagnie Théâtrale: "Commedia dell'arte" ou
"La combine de Colombine", une pièce illustrant les principaux
personnages de la Commedia dell'arte. il y joue Arlequin.
Co-Auteur de la série
"Parlez-moi" avec Sol comme principal rôle: 90
capsules-sketches destinées aux anglophones pour l'apprentissage du
français (TVOntario 1977 à 1979)
Co-Auteur des
"Croquignoles" et surtout de "Sol et Gobelet", celle
folle série hebdomadaire d'un tandem de clowns jamais sevrés d'absurde,
et au terme de laquelle (1972) Sol atteint l'âge auguste de 14 ans.
Depuis 1973, devenu
"égoexcentrique", il projette son alter ego sur scène, et
soliloque en solo, dans toute la francophonie afin de satisfaire les
folles de tous les logis!
Principaux rôles à
la scène
1954 - Pierrot " Don Juan" de Molière, au Théâtre du Nouveau
Monde
1959 - L'Intime, "Les Plaideurs" de Racine, au Théâtre-Club
1966 - Arlequin, "Le jeu de l'amour et du hasard" de Marivaux à
la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT)
1967 - Harry, "Love" de Muray Shisgall Au Théâtre de Quat'Sous
1969 - Dario, "Faut jeter la vieille" de Dario Fo au TNM
1970 - Le Grand "Les Archanges" de Dario Fo au TNM
1970 - Arlequin " Commedia de l'arte de Marc Favreau, à la NCT
1971 - Auguste "Auguste, Àuguste..." de Pavel Kobout à la NCT
1980 - Anton "pauvre assassin" de Pavel Kobout à la Compagnie
Jean Duceppe
1986 - Le Fou "Mort Accidentelle d'un anarchiste" de Dario Fo à
la Compagnie Jean Duceppe
1992 - Ubu dans "Ubu-Roi d'Alfred Jarry à la NCT
Télévision:
Dès 1953 et jusqu'en 1972,
il est très présent à la télévision , notamment: "La Science en Pantoufles", "14, rue de Galais", "Le
Survenant", "Le Courrier du Roy", "D'Iberville",
CF-RCK", "La Boite à Surprise", "Bim et Sol",
" Les enquêtes Jobidon", Symphorien", "Les
Croquignoles", "Sol et Gobelet", "les Forges de Saint-Maurice", "L'homme, la bête et la vertu (Pirandello)",
"Ne te promène donc pas toute nue" (Feydeau)
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