À vous , très
chers porteurs et porteuses d'eau, ainsi qu'à
la famille et à au vaste étendue d'amis de Marc
Favreau,
Les mots ne
coulent pas de source en ce moment de peine et
de désarroi, car la vie vient de nous reprendre
le plus aristocrate des clochards, le plus
célèbre des clowns et le plus charmant des
vagabonds certes, mais surtout l'un de nos
plus vifs penseurs.
Ce matin, au bout
de mon isle ( aux-coudres ), le fleuve brille sa
mouvance et ses glaces pour «SOL», ce fleuve,
emblème de son pays, le Québec. Il charrie d'un
courant à l'autre tous les rêves inachevés et
toutes les espérances de «monde à refaire » qui
vibraient encore si intensément au fond de
lui. Au fil de l'eau, une lueur opaline tente
son envol, c'est le dernier héron bleu, qui
s'affole. Les ailes givrées, il est demeuré sur
nos berges quelques lunes, pour bien s'imprégner
des bonheurs du fleuve avant de quitter vers
d'autres univers . C'est ce matin qu'il
s'élance, les yeux gonflés de merveilles et le
plumage orné de soleil. Un dernier regard vers
ce qui reste de l'automne, puis, il s'élève!
Voilà ce que je voulais partager avec vous, en
ce moment de tristesse, cette splendeur de la
nature au coeur même de notre consolation, cette
nature qui s'appelle aussi Favreau, car il fait
partie de l'élite naturelle de notre humanité.
Et comme l'oiseau de passage, il est passé
ici-bas pour offrir au monde ce qu'il avait de
meilleur, son art, sa philosophie, son
engagement pour tout ce qui est vivant. Moi qui
ai eu cette chance de partager, en terres
suisses, un petit moment d'amitié avec lui dans
le l'estuaire d'ami(e)s communs, Françoise
Graton et Gilles Pelletier, je me sens
privilégiée d'avoir pu frôler ne serait-ce qu'un
court instant, l'âme tendre du si grand
petit «Sol » et l'esprit vif et éclairé du
modeste grand Favreau.
Voilà que sur le traversier qui relie l'isle-aux-coudres
à la rive nord, j'accrocherai à mes yeux une
larme d'étoile et offrirai le crépuscule rose de
ce jour à cette recherche du meilleur, à cette
quête du bonheur simple et vrai, à ton envol,
Marc Favreau.
Et dans la
certitude que ta vie comme ta mort, auront
définitivement tracé le chemin de cette
belle raison déraisonnable dont tu nous a fait
cadeau, nous abreuverons encore et toujours à ta
fontaine!
Et à toutes et à
tous je vous offre mon humble amitié, .....«Pour
la suite du monde ».
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Caroline Desbiens
auteur-compositeur et fièrement Porteuse d'eau. |
Représentant des
Porteuses et Porteurs d'eau à Eau Secours!
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Apprenant la
mort de Sol, j'en suis affligé tout comme des
milliers de Québécoises et Québécois qui,
pendant des années, sont allés boire à l'eau
drôle de son langage, unique dans notre culture
et duquel émanait quelque chose d'absolument
sérieux quand il s'agissait de la protection de
l'environnement. Avant de partir, il était déjà
une légende pour avoir glorifié la langue
française. Dans ses gazouillis verbaux et les
merveilleuses pirouettes qu'il faisait faire à
la langue, il a marqué trois générations. Et
bien qu'il ait donné ses lettres de noblesse à
la comédie, son art le plus sublime consistait à
en faire émerger une conscience aiguë de la
tragédie que représente la problématique de
l'eau. En sa qualité de Porteur d'eau à Eau
Secours!, Marc Favreau nous a fait cadeau de son
personnage si attachant, le Sol qui nous a tant
fait rire et dont aujourd'hui nous pleurons la
disparition.
Bien sûr que
là-haut, avec l'eau pure de ses larmes, il est
déjà en train de laver les nuages de toute
pollution pour que l'arc-en-ciel refasse
resplendir son alliance avec une humanité
devenue vraiment responsable de l'essence de la
vie: l'eau.
Au nom des
Porteuses et Porteurs d'eau à Eau Secours!, je
lève mon verre d'eau à la santé éternelle de son
âme et j'offre à toute la famille de Marc
Favreau, mes condoléances les plus sincères.
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À la famille de Marc Favreau,
Il y eut un matin, il y eut un soir, mais un
jour de langage ensoleillé Sol s’inventa de
lui-même. Heureusement, demeureront des monologues
affluents, ce vent sémantique de notre
conscience collective. Chaque gouttelette de mot
naïf, chaque ruisseau de ses phrases
protectrices, chaque fleuve de ses verbes
incarnés, chaque mer de ses flots attachants,
chaque océan d’éternité, a fait de lui un
porteur d’eau exemplaire dont l’âme, même au
large arrivé du grand départ, inspirera nos
actions. À travers ses mots, nous nous
souviendrons de son personnage gigantesque,
cette petite source d’eau pure qui abreuvera
pour toujours notre soif d’équité et notre
volonté de protéger l’eau comme lui seul, Sol, a
protégé nos mots les plus libres.
Oui, nous savons que nous ne sommes pas SOL…
Bruno Roy |
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Bruno Roy
écrivain et porteur d’eau
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