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Lettre publique
Premier
Ministre du Québec M. Jean Charest
Montréal le 11 juin
2004
Monsieur
Charest,
Je joins ma
voix à beaucoup d’autres citoyens pour vous demander expressément de
mettre fin à la saga du projet de barrage à Trois-Pistoles.
L’acharnement
et la duplicité des promoteurs déshonorent les principes les plus élémentaires
de la démocratie. Que savez-vous, monsieur le premier ministre de la
naissance des Amis de la Rivière? Comment ils ont appris les arrangements
déjà entrepris entre le promoteur et la MRC des Basques? La somme d’énergie
qu’ils investissent pour défendre leurs droits? Les heures
interminables et leur résolution à informer la population malgré la
mauvaise foi des intérêts privés? J’ose espérer que les principes
qui vous ont attiré vers la politique et l’administration publique vous
porteront vers ce dossier.
Puis-je également
vous exprimer ma déception devant les propos de votre ministre Thomas
Mulcair, un homme que j’ai trouvé fort intéressant en d’autres
occasions, propos qu’il a tenus concernant les défenseurs de notre
patrimoine naturel.
Réduire
un groupe de citoyens responsables à une minorité de lofteurs du Plateau
Mont-Royal est non seulement insultant pour les habitants de cet
arrondissement (qu’on qualifie en sous-entendus de citadins en mal
d’expérience de militantisme champêtre) mais c’est faire preuve
d’une ignorance hautaine totalement et dangereusement déconnectée des
groupes de citoyens qui ne cherchent qu’à défendre ce qui appartient
à l’ensemble des Québécois. Dans mon cas, sachez que ce n’est pas
par désoeuvrement que je milite pour les rivières, ni par besoin de
publicité. Les heures que j’ai consacrées à l’étude des dossiers
de petits barrages depuis le début des années 90 m’ont convaincue non
seulement de l’inutilité et de la désuétude de tels projets, mais également
de l’inacceptable climat de magouille qui les entoure.
Je souhaite
sincèrement que vous portiez un regard lucide et responsable sur une
demande légitime émanant de citoyens engagés. Ce geste serait, à mon
avis, un indéniable rempart
contre le cynisme ambiant qui, s’il vous laisse une triste marge de manœuvre,
ne vous apporte ni le respect ni la fidélité
Bien à
vous…et à tous les québécois!
Pauline
Martin
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