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Née à Ottawa, dans une famille polyglotte. Maîtrise en lettres de l’Université
d’Ottawa. Elle commence à jouer au théâtre dès l’adolescence. Dès l'age
de 22 ans, elle joue en français et en anglais à Ottawa, Stratford, Toronto,
Québec et Montréal. En 1974, elle s'engage dans la recherche théâtrale avec
Jean-Pierre Ronfard et Robert Gravel. Le travail de ce trio mène à la
fondation, en 1975 du Théâtre Expérimental de Montréal (1975-1979). En
1979, Pol Pelletier fonde le Théâtre Expérimental des Femmes (1979-1985) avec
Louise Laprade et Nicole Lecavalier. Elle y est très active en tant
qu’auteure, comédienne, metteure en scène, animatrice et organisatrice d’événements
spéciaux, tels ateliers de formation, conférences, festivals.
Après son départ du Théâtre Expérimental des Femmes en 1985 et à la suite
de nombreux voyages, elle fonde en 1988 le Dojo pour acteurs, lieu qui se donne
aussi pour objectif de promouvoir le concept d’entraînement continu et offre
à cet effet des programmes spécifiques. Comme dans les traditions les plus
anciennes, Pol Pelletier veut tendre vers l’acteur total, celui qui parle,
chante, danse.
En 1992, elle écrit et interprète Joie, aboutissement de 20 ans de
travail, de réflexion et de recherche. L’année suivante, elle fonde la
Compagnie Pol Pelletier pour assurer la diffusion du spectacle, qui connaît de
nombreuses versions et est joué dans des festivals et en tournée, notamment à
Tunis et à São Paulo, ainsi que dans diverses villes de France et du Québec.
Trois ans plus tard, Pol Pelletier écrit, interprète et met en scène Océan,
puis, en 1997, Or. Avec Joie, cette Trilogie suscite un
grand engouement auprès du public et tient l’affiche cinq mois à Montréal
durant la saison 1996-1997. Océan part aussi en tournée en France, en
Belgique et au Québec. En 1998 elle devient Porteuse d'eau avec la Coalition
québécoise pour une gestion responsable de l'eau - Eau Secours! et en
1999 elle présente au Bureau d'audiences publiques en environnement (Commission
sur la gestion de l'eau au Québec) sa vision de l'importance de l'eau (voir
ci-haut: Pol Pelletier se mouille devant le BAPE). Aussi en 1999, elle crée le
spectacle solo Cérémonie d’Adieu. Elle fonde, au Dojo à
Montréal, une troupe permanente et multiculturelle d’une dizaine
d’acteures.
À chaque spectacle, elle nous ramène ce qu’elle a trouvé, puis elle
repart immédiatement chercher autre chose. Sa quête est sa vie, et sa
vie, c’est le théâtre.
« Je suis une dinosaure. Je pense que je pratique une forme très
archaïque de théâtre. Je suis vraiment une conteuse. Et une conteuse,
c’est une porte sur l’univers. En fait, je fais du théâtre comme au
temps des Grecs », dit-elle. Elle descend dans l’arène, elle
parle, elle communique, elle bouleverse, elle fait rire, elle secoue, elle
fait pleurer. Quand Pol Pelletier est sur une scène, la terre tremble.
Sorcière inquiétante, elle possède encore les secrets de cet échange
énergétique subtil entre les acteures et les spectateurs, redonnant
ainsi au théâtre toute sa noblesse d’art populaire. « Il y a chez
Pol Pelletier quelque chose de la reine antique qui vient nous conter les
splendeurs et les ruines de la guerre contre Troie. » (Gilles Costaz,
France)
Dans son spectacle "Nicole, c’est moi", elle refait l’histoire du monde à partir de notre ancêtre,
l’homo
erectus, qui a vécu il y a 70,000 ans; elle passe par la basilique et
les restants de pyramides aztèques de Mexico la polluée, jusqu’au
volcan Popocatépetl; elle revient au Québec, où tout le monde
s’acharne à rire; elle scrute la « série du millénaire» à la télévision
de Radio-Canada où, sur 1000 ans, on n’a trouvé que deux femmes
importantes sur trente personnalités incontournables, et encore, Simone
de Beauvoir elle-même a failli ne pas y figurer ; elle cherche des
femmes, elle les retrace, elle appelle ses aînées, ses ancêtres, elle
ressuscite l’abbesse Hildegarde von Bingen, enfouie au XIIème siècle,
Camille Claudel, la folle, qui détruisait ses œuvres, Françoise
Loranger, auteure de théâtre, qui a chamboulé les règles du théâtre
au Québec ; et elle finit en prenant dans ses bras les 14 victimes de
Polytechnique, assassinées il y a 15 ans cette année, une tragédie
qu’on a très vite enfouie au fin fond de notre inconscient collectif,
de peur de découvrir ce qu’elle signifiait,.
Diogène du monde moderne, Pol Pelletier se promène avec sa lanterne et
allume toutes les lumières qu’on a éteintes pour éviter de voir. En
ce sens, elle fait du théâtre politique. Alors qu’elle semble
transgresser constamment les frontières du théâtre, elle est toujours
en plein cœur du théâtre.
Elle dit : « Je sais aujourd’hui que je ne peux rien accumuler, rien
laisser sous le tapis ou dans l’ombre, parce que tôt ou tard, je
deviens lourde et aveugle et je ne vois plus le soleil ».
Pol Pelletier est non seulement une grande femme de théâtre, elle est éminemment
utile et nécessaire. Et la définition qu’elle donne elle-même de ce
qu’est un ou une acteure lui convient parfaitement: « Pour moi, les
acteures sont des gens qui sont au service d’une communauté. Un
acteure, un vrai, tu le reconnais quand tu le vois. Tu te dis : cet être-là
a quelque chose de fondamental à me dire sur moi, sur ma collectivité.
Il porte la mémoire de son peuple. C’est rare C’est un grand projet
de vie. » Avec ce nouveau spectacle, Nicole, c’est moi,
qu’elle a présenté trois fois en cours de travail en 1999 sous le
titre Cérémonie d’adieu, Pol Pelletier est plus que jamais au
service de sa communauté.
Tous les qualificatifs imaginables lui ont été donnés, comme autant de
médailles et de cicatrices : sublime, méchante féministe, chamane,
intense, dérangeante, phénomène, sorcière, pasionaria, brebis
galeuse, incandescente, pas reposante, enchanteresse sans pareille,
profonde, actrice hors du commun, impudique, mouton noir du théâtre québécois,
prêtresse, bête de scène, géniale, monstre sacré, gourou, actrice
surdouée, prodigieuse, trésor national. Mais quand on y pense, il n’y
a qu’un seul mot qui puisse contenir tous ces qualificatifs et définir
toute entière Pol Pelletier : VIVANTE. Une vivante qui est bien résolue
à avoir beaucoup de plaisir...
Pol Pelletier crée son nouveau spectacle à l’Espace GO. C’est le
plus beau cadeau que notre théâtre pouvait recevoir pour ses 25 ans, ce
théâtre qu’elle a co-fondé avec Louise Laprade et Nicole-Ajna
Lecavalier en février 1979, sous le nom de Théâtre expérimental des
femmes. Le souffle fondateur est encore bien vivant.
Et si le titre vous intrigue, il vous faudra venir voir le spectacle pour
savoir ce qu’il signifie...
Quelques
extraits de textes sur Pol Pelletier
« Tragédienne d’une grande beauté et d’une stature qui prêtait à
la vie même une grandeur qu’elle avait rarement, Léa était la déesse
de ce printemps encore gelé et peu de mornes étangs savaient résister
à ses piaffantes colères. On la voyait partout, aussi statuesque que
dramatique, active à son théâtre qui aurait pu porter son nom « Le
Théâtre Viscéral »...(Marie-Claire Blais, Les nuits de
l’underground, roman)
« Pol la magnifique…Elle nous refile une boule de chaleur au ventre
pour éviter que nous prenions froid en rentrant à la maison. Quand cela
vous est-il arrivé la dernière fois?...Celle qui fut longtemps, indûment
et injustement perçue comme une féministe sectaire... Elle fut plutôt
et sans relâche, ce qui n’est pas de tout repos, libre-penseuse et féministe
discordante, amoureuse du changement, empêcheuse de jouer en rond,
passionnée par la recherche et le travail bien fait, nécessaire ...Pol
Pelletier est une sorte de diamant brut de sa profession... C’est une
immense actrice, comme on le répète souvent. On n’a encore rien dit
quand on a dit ça. »(Ariane Émond, Le Devoir)
« Lorsqu’on la voit évoluer sur une scène dépouillée, presque sans
accessoire... on comprend combien l’art théâtral est fondé sur la présence
de l’acteur à laquelle aucun artifice ne pourra jamais se substituer.
» ( Marie-Christine Lesage, Cahiers de théâtre Jeu)
« Pour Pol Pelletier, le théâtre est une offrande, selon le mot
d’Ariane Mnouchkine... Pas de repos ou de prudence possible. Il lui faut
aller au bout de sa vérité chaque soir... On est comme poignardé par
tant de cris intérieurs et par cette beauté d’être humain. » (Gilles
Costaz, France)
«Pol Pelletier est notre plus grande femme de théâtre. Il y a eu La
Duse, il y a eu Sarah Bernhardt, il y a maintenant Pol Pelletier, et elle
est ici, dans nos murs... Elle propose un théâtre qui exige tout de la
comédienne. Rien de moins qu’un exploit, une prouesse à chaque représentation.»
(Raymond Bernatchez, La Presse)
« La femme philosophale… » (Geneviève Saint-Germain, Elle Québec)
«Il aurait fallu, s’il n’existait déjà, inventer pour elle le mot
“intensité”.» (Hervé Guay, Le Devoir)
« ...une des plus magnifiques actrices que je connaisse... Pol Pelletier
est unique dans la colonie théâtrale québécoise. On dirait une prêtresse,
on dirait aussi une louve. C’est en tout cas une bête de scène...
Souvent j’ai écrit mon regret de voir cette actrice de premier plan
demeurer dans l’ombre de ses essais, refuser de jouer les grands rôles
du répertoire. Eh bien voilà qu’elle vient de nous donner toutes les
tragédies, elle y est tout à tout grecque, gitane, élizabéthaine,
italienne, québécoise et souveraine. Elle est puissante et
incontournable.» (Robert Lévesque, Le Devoir)
« Alchimiste du verbe... La Denise Pelletier de la marge... Tout le
monde dit : “Vous savez, Pol est folle”. Peut-être. Mais une douce
folie. Un délire serein. La démence contenue d’une enfant blessée qui
croit encore au bonheur... Le théâtre comme leçon d’humanité... La
forme de son cœur est celle de la scène. Un espace précieux à la fois
ouvert et bien gardé. Pol Pelletier expose la beauté des choses
vivantes. Ces choses qu’on perçoit si bien dans la solitude des théâtres
» (Luc Boulanger, Voir)
« Joyau sans égal et mauvaise conscience du théâtre québécois,
l’incomparable Pol Pelletier poursuit sa quête. »(Marie Labrecque,
Voir)
« L’orpailleuse de feu... »(Jean Saint-Hilaire, Le Soleil)
« Incandescente matière en fusion... » (Solange Lévesque, Le
Devoir)
« Un génie du jeu, qu’elle nous livre en scène avec une lumière
peu commune. » (Lynda Burgoyne, Cahiers de théâtre
Jeu)
« Pol Pelletier est belle et dure; elle est à la fois brise et
orage, poème et épître, petite musique et symphonie, elle a la beauté
de ses exigences. » (Hélène Beauchamp, Ces femmes
qui ont bâti Montréal )
« Une femme de cœur, de tête et d’art...»(Sophie Pouliot, Le
Devoir)
« Une présence scénique incandescente… En pleine ère glaciaire,
cette alchimiste du théâtre chauffe les salles afin de transformer
—rien de moins— notre matière en or. Et elle y parvient souvent… »(Marie-Christine
Lesage, Nuits blanches)
« On la dit intransigeante, elle l’est. Exigeante. Rigoureuse.
Bouleversante et passionnée… Cette femme a choisi l’absolu et rien
d’autre. »(Monique Roy, Madame au foyer)
«Elle réinvente le théâtre populaire. Toute au bonheur de jouer, elle
brûle les planches, se met en péril à chaque instant. Sa joie, son
rire, nous gagnent... C’est un hymne à la vie que nous offre Pol
Pelletier.» (France)
« Dire d’elle qu’elle a un tempérament de feu, c’est inévitablement
rester en deçà de la réalité... C’est un véritable ouragan de
vie... Un phénomène qui dépasse, et de loin, les frontières du théâtre.»(Jean-Pierre
Han, La Croix, France)
Pour
ses spectacles, Pol Pelletier a reçu de nombreux prix décernés par divers
organismes et médias : Meilleure comédienne de l’année (1993), Artiste de
l’année (1993), Meilleur texte de l’année (1995), Personnalité de l’année
(1995), Palmarès des dix meilleurs spectacles de l’année (1966 et 1997). En 1999
elle présente un mémoire aux audiences du BAPE lors de la Commission sur la
gestion de l'eau au Québec.
En 2000 est participe au spectacle d'Eau Secours! "La grande débacle"
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