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Au Québec, les services publics sont soumis à des pressions croissantes.  Le financement a été réduit au strict minimum et les attentes de la population continuent de s'accumuler, même si les programmes et le personnel ont été réduits autant dans les ministères que dans les municipalités. 

Dans bien des cas, les décisions des politiciens et politiciennes ont été motivées par des préoccupations à court terme (pour éviter une crise ou en créer une pour justifier une privatisation), mais les conséquences à long terme sont énormes. Les coûts humains, les répercussions sur les emplois et l'économie, les dommages à l'environnement, l'insuffisance des investissements dans les infrastructures de base et finalement la baisse de la confiance des citoyennes et citoyens à l'égard de notre capacité collective de décider de notre avenir.
 

Au cours de la décennie 1990, les gouvernement du Canada et du Québec ont concentré leurs énergies sur la réduction du déficit. Même si les déficits ont été causé par les taux d'intérêt élevées, on a préféré réduire les investissement que l'on a commencé à nommés dépenses, diminuer les services publics ou les remettre au secteur privé.
 

À la fin de la décennie, les déficits ont été en grande partie éliminés. Mais le mouvement de la privatisation n'a pas perdu de sa vigueur. Stimulée par une industrie en pleine croissance de consultants, souvent en situation de conflits d'intérêts, la privatisation est présentée comme la solution à tous les problèmes. Les doreurs d'image nous ont souvent étourdis avec leur mantra sur la supériorité du marché, avec l'appui des médias qui approuvent aveuglément toute mesure de privatisation.


"C'est un phénomène mondial", "C'est la voie de l'avenir" "C'est la seule option".
   On nous dit que des ressources collectives essentielles comme l'eau sont des biens qui peuvent être échangés et vendus, qu'ils seront améliorés grâce à la concurrence. 

Pour soutenir ces affirmations, on cite souvent l'expérience de la Grande-Bretagne, de la Nouvelle-Zélande et d'autres pays. Mais les faits ont été grossièrement déformés.  Alors que la privatisation a été extrêmement rentable pour les entreprises et leurs dirigeants et dirigeantes, elle s'est révélée désastreuse pour les consommateurs et les contribuables car les coûts montent en flèche et les services se détériorent. les droits d'utilisation des services de distribution et de traitement de l'eau dans la plupart des régions de la Grande-Bretagne ont doublé au cours de la dernière décennie et le rationnement comme les pénuries d'eau sont maintenant très fréquents. À Auckland, en Nouvelle-Zélande, le district central des affaires a été en panne 66 jours l'an dernier parce que l'entreprise privée qui avait été créée pour distribuer l'énergie n'a pas réussi à assumer ses obligations.
 

Parce que les Québécois connaissent les faits ou se méfient des discours de la privatisation, ils sont très sceptiques devant les soi-disant avantages de la privatisation (sondages à l'appui). Nombre d'entre eux ont pu constater directement les résultats de la médecine de marché aux États-Unis et ce qu'il en coûte aux plus de pauvre de permettre aux plus riches de réaliser un bénéfice à même les services éducatifs, communautaires et sociaux. En particulier, les femmes et les familles à faible revenu ou qui ont des besoins particuliers comprennent bien les effets des services publiques à deux vitesses.

Affiche: La vie avant le profit
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Nous savons aussi que des services privatisés ont des répercussions négatives sur les emplois et l'économie locale. Une réduction du personnel accompagnée d'une diminution des salaires et des avantages sociaux, en plus d'affaiblir la qualité de la prestation des services, réduit le réservoir local de clients et contribuables. Particulièrement à l'extérieur des grands centres métropolitains, les revenus des employées et employés du secteur public jouent un rôle essentiel dans l'économie locale.
 

Les emplois permanents à plein temps sont remplacées par des contrats à statut précaire et du travail à temps partiel, des consultants et des employées-es temporaires et des bénévoles non encadrés.


On sacrifie la proximité des services à l'autel des économies d'échelle. C'est pourquoi les services locaux privatisés sont régionalisés ou centralisés. Les emplois locaux sont remplacées par des emplois au siège social et les fournisseurs locaux sont remplacées par des sources métropolitaines ou internationales.
 

Malgré tout le battage publicitaire au sujet de la réduction des coûts et de l'amélioration des services, les Québécois et Québécoises savent maintenant que cette recherche de la maximisation du profit oblige inévitablement les divers intervenants à arrondir les coins, ce qui mettra en péril la sécurité et la santé du personnel et des collectivités et accroîtra les risques de dommages graves à l'environnement. 
 

La population s'inquiète aussi du fait que les privatisations entraînent une hausse des frais d'utilisation et des impôts. Elle reconnaît qu'elle reçoit des services dont la valeur correspond aux impôts perçus. Elle comprend que s'il faut ajouter un bénéfice pour les secteur privé aux coûts de ces services leur prix augmentera certainement. La population sait aussi que, la plupart du temps, des services publics ont été vendus ou sous-traités à des sociétés transnationales qui s'assurent d'un marché, d'un monopole et d'un rendement sur leur investissements.  Les entreprises rentables donnent de généreux rendements aux investisseurs mais, en cas d'échec, c'est le contribuable qui ramasse les pots cassés.
 

Privatiser consiste à donner une subvention massive au secteur privé, car le secteur public - qui peut emprunter de l'argent à un coût moindre que les investisseurs privés - assume les coûts en capital ainsi que le risque. Dans d'autres cas, lorsque l'investisseur privé a fourni les capitaux, les frais de location en hausse représentent un fardeau beaucoup plus grand pour les fonds publics. Dans les deux cas, les concessions de nature fiscale imposent à chaque contribuable une portion injuste du coûts.


Et en cas de problème ? Bonne chance ! Les axes de responsabilité sont flous et le gouvernement et les entreprises s'en lavent les mains. Malgré les efforts louables des groupes de défense des consommateurs et des vérificateurs publics, une bonne partie de ces programmes ont été conçus dans le secret et les dossiers en entreprises privées ne peuvent faire l'objet d'un examen public. Qu'il s'agisse de suggérer des façon d'améliorer le service ou d'intenter une poursuite responsabilité en cas de dommages majeurs, la confusion des responsabilités entre secteur public et secteur privé nuit à l'intérêt public.

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