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Les Zapartistes – dont le nom est
un croisement entre le mouvement des Zapatistes mexicains et l'Aparté, le petit
café montréalais dans lequel ils ont fait leurs débuts – croient que le rire
doit servir d'exutoire social, de véhicule d'une critique politique et d'outil
pédagogique. Ils sont quatre sur les planches et sont convaincus que la
résistance s'orchestre mieux dans le rire.
Chacun des spectacles des
Zapartistes débute par la lecture de leur manifeste. On y apprend d'entrée de
jeu qu'ils sont indépendantistes et de gauche, en faveur du commerce équitable
et contre la débilité militaire, de même qu'ils s'opposent à la culture du
consensus et à la rectitude politique. Ils y affirment également que sur les
planches, ils n'ont pas d'amis, puisque «contrairement à la richesse, la
connerie est très bien distribuée». Attention, ça va faire mal!"
Aussi fluctuant que l'actualité,
l'humour des Zapartistes s'inspire avant tout de ce qu'on retrouve dans le
journal du matin. Ils présentent donc un spectacle constamment renouvelé, où
chaque représentation propose environ 20 % de nouveau matériel, principalement
regroupé dans un bulletin de nouvelles rédigé au goût du jour. Au programme du
reste de la soirée, on retrouve des imitations, des parodies et des chansons où
aucun politicien n'est épargné. Parce que, comme l'affirment les Zapartistes,
«rire est une si jolie façon de montrer les dents».
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Nadine Vincent
photo : Maryse Warda |
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Docteure en
linguistique, Nadine Vincent travaille présentement au sein du
groupe universitaire FRANQUS à la rédaction d’un dictionnaire du
français québécois. Elle a ouvert le café-théâtre L’Aparté avec
bonheur en 1999 et l’a fermé avec soulagement en 2003. Nadine
Vincent N’EST PAS la gérante des Zapartistes. Elle est
Zapartiste, point. Mais ne lui demandez pas exactement en quoi
consiste son rôle, elle sera incapable de vous répondre. Fille
de mots, d’action et de paradoxes, elle refuse les étiquettes,
mais aime bien les surnoms : la Zapartiste de l’ombre, la
Zapartiste hors-scène, la Ma Dalton des Zapartistes. Qui dit
mieux ? |
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François Patenaude |
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Écrivain et essayiste,
il a été collaborateur à l’aut’Journal
et au Couac et chercheur à la Chaire d’études socio-économiques de
l’UQÀM. Il est l’un des membres fondateurs de l’Association
québécoise pour un contrat mondial de l’eau et de l’Institut de
recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et a été
président du Réseau québécois des groupes écologistes avant de
sombrer dans la délinquance et devenir membre des Zapartistes. Il
collabore également au journal MIR et à la revue À bâbord ! |
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François Parenteau |
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Après avoir été stand-up comic et imitateur,
concepteur publicitaire et auteur pour le magazine CROC, il a participé à "la Course Destination Monde" en 1994-95.
Par la suite, il s’est fait connaître comme
chroniqueur radiophonique tous les samedis à l’émission de Joël Le
Bigot, à Radio-Canada, avant d’être congédié pour des raisons
obscures en pleine campagne électorale fédérale en Décembre 2005.
Trois recueils ont été tirés de ces billets d’humeur et d’humour,
"Réveils mutins", "Réveils mutins II" et son dernier, "Délits
d’opinion", publié chez Lanctôt.
Il a aussi réalisé le documentaire "Qui est nous ?",
a été journaliste-réalisateur à l’émission Points chauds
(Télé-Québec), a instauré le cours « humour et actualité » à l’École
nationale de l’Humour, a été auteur télé, entre autres pour
Radio-Enfer, parolier pour Dan Bigras (les 3 p’tits cochons...) et a
interprété Yvon Deschamps dans L’Osstidcho en rappel. |
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Christian Vanasse |
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Jusqu’à tout récemment, tous les vendredis matins,
Christian s’amusait avec son copain Christopher Hall sur les ondes
de Radio-Canada à Indicatif Présent. Ah, le bon vieux temps. Et
quand Christian entendait parler de Radio-Cadenas, Radio-Propagande
et autres méchancetés, il fronçait les sourcils et pensait ;
On
est là quand même chaque semaine non ?
Ouais, ouais, ouais... Et puis tout d’un coup, paf.
Le Grand Bob Rabinovitch ( ou est-ce toi Frulla dans l’ombre ? )
bouge le petit doigt, Lafrance trépigne, Saulnier se remue et
Parenteau tombe. Christian en lui-même se dit alors ;
If it smell like shit, if it look like shit, if it taste like shit,
well... it is shit !
Christian s’est dit tout ça en anglais bien sûr car
il venait de comprendre qu’il n’était plus à Radio-Canada. Il était
à la branche francophone de CBC. Oh yeah. Il dit alors adieu à
Christopher, à Marie-France et aux auditeurs et leur promit de
revenir en des temps plus cléments et moins Lafrance... et moins
Saulnier... et moins Rabinovitch...
Messieurs les patrons de la CBC française, je ne
vous salue pas. Mais merci Christopher, merci Marie-France, merci
Jacquelin et toute l’équipe, merci les Zapartistes et mille fois
merci aux auditeurs et sympathisants qui écrivent, gueulent et
s’indignent.
Un de nos amis nous a dit ;
Vous
êtes enfin libérés de la première Chaîne... vous avez toute liberté
maintenant.
Oh que oui. Pis c’est ça qu’on va faire.
Christian se consacre maintenant tout entier à sa
famille les Zapartistes, à l’écriture, au poker, à la recherche de
vieux matchs du CH ainsi qu’à la
LNI, dès février,
où il endossera avec fierté le chandail des VERTS !!!, une équipe
FORMIDABLE !!!... et CHAMPIONNE !!! Allaboy les Verts !!! |
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Francis
Dupuis-Déri |
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Cofondateur des Zapartistes, il collabore aux
« brainstroms » et à la préparation des spectacles. En position
de cellule dormante à Paris et à Boston de 2002 à 2004, il est
de retour pour le spectacle de fin d’année de 2005. Il enseigne
la « science » politique à l’Université de Montréal et ses
recherches portent sur le mouvement altermondialiste, la
démocratie directe et l’anarchisme et la répression policière.
Il collabore à divers journaux (Alternatives, Le Couac) et
revues (Argument, Possibles, Mouvements). Il a signé des romans
à saveur politique (dont L’Erreur humaine, Leméac, 1991) et des
livres sur l’identité culturelle (L’Archipel identitaire,
Boréal, 1997 et Identités mosaïques, Boréal, 2004) et sur les
groupes anticapitalistes du mouvement altermondialiste (Les
Black Blocs, Lux, 2003). |
Les Zapartistes ne sont pas des fous du
roi ni des chiens savants. C’est un regroupement d’artistes québécois qui sont
décidés à tout mettre en oeuvre pour que la stupidité de notre époque soit
montrée du doigt pis on va prendre le doigt qui faut.
Les Zapartistes proclament qu’il est
important que l’humour serve d’exutoire social, de véhicule d’une critique
politique et d’outil pédagogique. Les gars pis les filles sont donc
différents... On le sait ! Y’en a-tu du monde kétaine ? On le sait ! On le sait
que nos parents, des fois, sont drôles, que la bouffe en avion est pas mangeable
pis que c’est ben maudit quand on est sua bolle pis qu’on s’rend compte qu’y’a
pus de papier...
Ça peut être ben l’fun des fois de se
l’faire rappeler mais y’a du monde qui sont en train de nous fourrer pis y’est
pas question qu’ils s’en tirent parce qu’on serait trop occupés à faire des
jokes de pets !
Les Zapartistes sont indépendantistes
car nous croyons qu’il faut libérer les canadiens-anglais de l’oppression des
politiciens fédéralistes du Québec qui monopolisent le pouvoir à Ottawa depuis
plus de 30 ans, et qui ont détourné le Canada à leur profit et à celui de leurs
amis de Groupaction et compagnie... et compagnie... et compagnies ! Vive le
Canada liiiibre !
Les Zapartistes sont de gauche dans le
sens qu’on pense que le capitalisme sauvage actuel est une plaie de l’humanité.
Mais ne croyez qu’on va vous épargner juste parce que vous avez déjà fait des
belles manifs avec des belles pancartes et en chantant so-so-so ! Sur scène, les
Zapartistes n’ont pas d’amis. Car, contrairement à la richesse, la connerie,
elle, est très bien distribuée !
Les Zapartistes sont contre la
mondialisation au seul profit des grandes corporations et nous croyons qu’il
faut protéger la diversité tant biologique que culturelle si on ne veut pas se
retrouver un jour avec une grosse planète remplie de Mickey Mouse obèses et de
Miss Piggy clônées anorexiques.
Les Zapartistes sont anti-racistes et
n’ont absolument rien contre les chinetoques, les nègres, les cass à boudin, les
sauvages, les wopsssss, les pakis et tous les autres votes ethniques. Et si nous
allons rire d’eux à l’occasion, c’est essentiellement par mesure d’égalité. Et
de toutes façons, comme disait Plume Latraverse dans la finale du Rock n’Roll du
grand flanc mou :
« En Amérique, on est toutte une gang de
bâtards pis on est ben contents ! »
D’ailleurs, en tant que résistants de
Montréal, nous pensons que le dernier référendum a été perdu à cause du vote
timide des fonctionnaires téteux de la région de Québec qui ont eu peur à leur
job et nous avons envie de fesser dès qu’on entend dire « balène » ou
« poteau ».
Les Zapartistes sont en faveur d’une
rigoureuse équité salariale, du libre choix en matière d’avortement et de
mesures pour venir en aide aux trop nombreuses mères monoparentales dans le
besoin. Mais en tant que gang majoritairement de gars, on est un peu tannés du
discours de certaines féministes pis des fois, on aurait l’goût de faire comme
les orphelins de Duplessis pis partir un groupe qui s’appellerait les castrés de
Lise Payette parce qu’à un moment donné, toujours voir les gars représentés
comme des loosers imbéciles et violents, ça commence à faire !
À part de ça, les p’tites jupes, les
pantalons de cuir, les décolletés pis les camisoles en haut du nombril, on a
beau savoir que c’est ben agace pis que ça sert souvent à nous vendre un paquet
de cochonneries dont on n’a pas besoin, on n’haït pas ça pantoute...
Mais la ligne importante à retenir c’est
qu’on est féministes...merci
Les Zapartistes ne sont pas homophobes
mais on trouve que c’est quand-même vrai qu’y’a ben des fifs qui parlent drôle.
Nous nous permettrons donc de rire de la fifure de qui que ce soit s’il a mérité
qu’on rit de lui pour autre chose que sa fifure. Nous sommes solidaires des
jeunes gais qui se font écoeurer dans les écoles mais y’a aussi ben des p’tits
gros, des barniques, pis des grandes slaques pas de totons qui se font pitcher
dins cases, des épais y en a partout, faut ben commencer à s’habituer à m’ment
d’né...
Les Zapartistes n’ont rien de
particulier contre les handicapés puisque nous en sommes nous-mêmes ! En effet,
nous faisons partie d’une génération à mobilité sociale réduite et les portes de
l’emploi stable ne nous sont pas accessibles. Mais ça nous empêchera pas de
traiter du monde de mongol, de vieux boomer fini ou même de crisse de folle.
Parce que : y’en a !
Les Zapartistes sont contre les OGM et
la malbouffe industrielle qui nous hypnotise à la télévision mais n’allez pas
croire que nous sommes une gang de granoles qui mangent rien que des affaires
plates qui goûtent le brun à 10 piasses la livre. Nous sommes pour le commerce
équitable et pour le droit à une poutine biologique, à des cheeseburgers de
vache saine d’esprit, et à des club sandwichs faits avec de la viande de poules
heureuses !
Les Zapartistes sont contre l’hégémonie
du char qui est en train de défigurer la planète et de nous étouffer. Plusieurs
d’entre nous ont déjà fait un geste en ce sens et n’ont pas d’auto. Faque ON
PEUT BOIRE !
Les Zapartistes s’opposent à la
corruption, à la culture du consensus, à la langue de bois, à la privatisations
de nos ressources, à la débilité militaire pis à ben d’autres affaires. Mais
c’est pas parce qu’on gueule qu’on va faire la gueule. Parce que si on veut des
lendemains qui chantent, on s’est dit qu’y fallait peut être commencer par rire
dès ce soir...
Parce que rire est une si jolie façon de
montrer les dents ! |